La Voix des Sports - 08/01/2007 |
![]() |
La gedyva aide les femmes à se défendre en cas d’attaque
Bonne idée
Ne cherchez pas la gedyva dans un dictionnaire. Cette discipline sort tout droit de la tête de Jean Yenot, professeur de taï jitsu et de karaté dans la métropole lilloise.Ceinture noire deuxième dan de karaté, il a puisé dans son expérience et dans ses origines gabonaises pour créer une méthode de self-défense, qu’il enseigne aux femmes un peu partout dans la région.
« Je pratique les arts martiaux depuis 46 ans, explique-t-il. Mais dans toutes ces spécialités, il faut être avancé dans les grades pour réellement savoir se défendre. J’ai préféré aller à l’essentiel avec de la gymnastique défensive, la gedyva. En mélangeant le ken budo et l’ivanga, une danse africaine, on obtient une synthèse des différentes manières de se battre dans le monde. » La technique, simplifiée, repose sur une base : « C’est avant tout un travail de défense, car les femmes ne prennent jamais l’initiative de l’attaque. Avec les enfants et les personnes âgées, elles sont statistiquement les plus attaquées dans notre société : harcèlements sexuels et moraux, vols, viols. Il faut qu’elles cessent d’être des victimes et arrivent à avoir confiance en elles pour pouvoir répondre à une agression.
» Une fois par mois, Jean vient dispenser ses cours à Villeneuve-d’Ascq, en tenant gentiment les hommes à l’écart. Quelques indélicats pourraient s’inspirer des mouvements… Lors de la dernière séance, une poignée de femmes ont franchi les portes de la salle. Aurore, 18 ans, voulait savoir comment s’y prendre en cas d’agression. « Ça ne m’est jamais arrivé, mais j’ai déjà eu peur dans la rue, tard le soir, même près de chez moi », avoue-t-elle.
Ce sentiment d’insécurité, Soledad, 39 ans, et sa fille Camille, 14 ans, l’ont également déjà ressenti. « On aimerait savoir se débarrasser de quelqu’un en cas d’attaque et avoir le temps de s’enfuir. » Soledad a bien essayé le kung fu, mais elle a trouvé ça « trop magistral »… « Ce que je veux, c’est du concret !
» Comme les autres, elle ne va pas être déçue du voyage. Car là où les arts martiaux imposent une certaine retenue, c’est un cours complètement débridé qui démarre, au rythme du tam-tam. Assis sur un tabouret, le professeur s’est emparé de l’instrument et le martèle en rythme, d’un air hilare, pour un échauffement plutôt intense.
Devant un groupe aux joues déjà bien rouges, il démarre son cours par ce petit truc tout simple mais ô combien efficace : le coup de pied dans l’entrejambe, une arme redoutable pour peu qu’on le place correctement. « Le pied, c’est le bazooka du corps humain, s’amuse Jean.
Avec ça mesdames, vous mettez une armée de malabars à genoux ! Il faut juste bien l’orienter pour frapper avec l’os, sinon les coutures du pantalon de votre agresseur amortissent le choc de l’orteil. » Toujours guidées par le tam-tam, Aurore, Soledad et Camille s’exécutent en souriant et en mettant de plus en plus de coeur à l’ouvrage. Puis elles enchaînent avec le coup de genou de bas en haut, lui aussi très efficace.
Lorsqu’elles ont assimilé ces deux mouvements, le professeur leur montre comment retourner la situation si un individu surgit par-derrière : bloquer le bras sans paniquer, faire volte-face, éliminer le voyou. Puis il faut déjouer une menace à l’arme blanche, au bâton… Autant d’exercices à enregistrer et retenir, pour gagner en assurance. Mais s’il ne s’agit pas d’un réel cours d’arts martiaux, il faut tout de même être patient et compter entre huit et dix séances avant de commencer à maîtriser les différentes techniques.
Carine BAUSIÈRE
Renseignements sur cette méthode de self défense intégrale féminine contre les violences multiformes : école Izuwa Tel06 80 20 03 94 ou Tel06 63 84 05 46. Tarifs : de 8 à 16 E. Lors des cours, une simple tenue de sport suffit.













