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La Voix des Sports - 19/11/2007
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« Mettre en oeuvre son intuition féminine »

GaËlle COLLOMB est psychologue du sport. Selon elle, prendre la direction d’une équipe féminine, ça ne s’improvise pas…


– Quels paramètres faut-il prendre en compte quand on se lance ?
« Il faut avoir à l’esprit qu’il existe des différences fondamentales de comportement entre les filles et les garçons. Les filles ont plus tendance à papoter. Mais elles ont beau discuter, quand elles ont quelque chose à dire, elles ne le disent pas forcément !
En cas de malaise, la manifestation est beaucoup plus sournoise chez une fille que chez un garçon. Lui sera plus violent, pour faire sortir sa colère. Elle, en revanche, perdra l’appétit, se renfermera… Voilà pourquoi il faut comprendre qu’on ne doit pas être attentif aux mêmes choses. Il y a un langage verbal, et un autre, non verbal, très présent chez les filles. »


– Il y a d’autres différences ?
« Les garçons sont plus explosifs dans l’effort, y compris au niveau de l’analyse. On le voit bien, les barèmes ne sont pas les mêmes en compétition. Les femmes ont moins d’explosivité, de réactivité physique. C’est aussi valable pour leurs réactions. Elles peuvent mieux gérer l’énervement.
Ce n’est pas forcément une généralité, mais on constate quand même régulièrement qu’elles ont davantage tendance à se remettre en question elles-mêmes, au lieu d’accuser les autres. Ensuite, tout dépend du fait que l’entraîneur soit un homme ou une femme. »

 

– Justement, si un homme entraîne une équipe féminine, comment doit-il agir ?
« Il doit mettre en oeuvre son intuition féminine. Oui, les hommes en ont ! Pour moi, les vrais hommes ne repoussent pas cette part de féminité en eux, tout comme les vraies femmes acceptent leur côté masculin, qui peut leur permettre d’être rigides, de cadrer un groupe. Un bon entraîneur doit arriver à percevoir ces deux parties en soi et savoir s’en servir. C’est quelque chose qui demande beaucoup de travail. Certains assument tout de suite.
D’autres ont été refoulés par leurs parents, qui leur ont par exemple dit, dès l’enfance : “Ne pleure pas, tu es un homme !” Du coup, c’est plus difficile de faire ressortir ce côté féminin. »

 

– Que pourriez-vous donc conseiller ?
« Je dirais : “Messieurs, sachez que les femmes ne fonctionnent pas comme vous. Il va falloir apprendre, s’y habituer et s’y adapter ”. Si ces hommes ont eu des soeurs ou sont papas de filles, ils auront déjà vu comment elles fonctionnent. S’ils n’ont connu que des frères et ont des garçons… ils auront peut-être plus de mal à s’adapter !
Le cas échéant, je leur conseillerais de lire le bouquin Mars et Vénus, qui explique que les garçons viennent de Mars et les filles de Vénus. Et qu’on n’est pas fait pareils. Ça leur permettra de mieux comprendre encore ! »

Propos recueillis par C. B.


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