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La Voix des Sports - 23/04/2007
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Ma grand-mère fait du vélo, de la gym, de la natation...
Dossier
 À 73ans, Josiane n’a rien perdu de sa souplesse, acquise grâce à la gymnastique.  « Vous pouvez juste plier votre jambe en prenant appui sur quelque chose, comme si vous refaisiez votre lacet  ? C’est pour la photo… » Derrière ses petites lunettes, les sourcils de Josiane se froncent. Apparemment, elle a une autre idée en tête. Elle réfléchit un court instant, puis tire vers elle le dossier d’une chaise et lance d’un coup son pied en l’air. Les bras s’agitent pour garder l’équilibre et le talon retombe pile sur le haut du siège. La jambe parfaitement tendue, Josiane se penche alors tranquillement pour aller chercher ses orteils. Et la tête au niveau du genou, elle souffle  : « Comme ça, ça va ? » Euh… ben oui, c’est parfait.
À 73 ans, cette pimpante mamie a ce qu’on appelle de beaux restes. Sa souplesse, elle a commencé à la travailler à la fin des années 1940, avec les moyens de l’époque. « C’était juste après la guerre, se souvient-elle. On se retrouvait à l’étage du cinéma L’Union, à Lille Moulins. Dans une salle vieillotte, sous les toits, un vieux monsieur nous faisait cours. Parfois, on s’y entraînait par moins cinq degrés !
 » La jeune fille s’essaie aux barres parallèles – « à l’époque, ça n’était pas encore réservé aux garçons » – puis au sol, et atteint un bon petit niveau. À tel point que le prestigieux club de La Madeleine s’intéresse à elle. « Mais nous n’avions pas de voiture, je n’ai pas pu y aller. Ça n’était pas mon destin… » Quelques années plus tard, Josiane met la gymnastique de côté pour donner naissance à trois filles et un garçon. Puis, son rôle de maman dûment rempli, elle décide de se remettre au sport, à l’âge de 50 ans. « Ma deuxième fille m’a proposé de venir avec elle au Ronchin Athlétic-club. Je ne voulais pas courir, parce que je n’ai jamais aimé ça, mais je me suis inscrite aux cours de stretching et de gymnastique aquatique. » Avec une séance de chaque discipline par semaine, Josiane retrouve vite la forme et oublie le poids des années. « Oui, enfin, je sens quand même que je vieillis, sourit-elle. Je suis plus vite essoufflée maintenant. » Et puis il y a cette arthrose qui l’agace. Parce qu’elle ne peut plus faire tout ce qu’elle veut. Sinon, Josiane aurait bien tenté le saut en parachute. «  Si j’avais été plus jeune, je l’aurais fait. Mais là, avec mes problèmes d’articulations, je risquerais de me faire mal en arrivant au sol. Il faut pouvoir se recevoir ! » Qu’importe, la mamie n’a aucun regret. Parce qu’elle n’a pas perdu son temps en route et s’est offert d’autres sensations fortes : un baptême en parapente et un vol en montgolfière à 65 ans, un autre en hélicoptère l’an dernier, qui lui allument tous encore des petites étoiles de joie dans les yeux rien que d’y penser.
Auparavant, il y avait aussi eu la découverte de l’escalade. Comme au bon vieux temps où, gamine, avec un copain qui allait devenir son mari, elle escaladait les arbres et les toits… « J’adore les sensations fortes, s’enthousiasme-t-elle. Le parapente, c’était vraiment magnifique. Si j’avais habité à la montagne et si j’avais été plus riche, je crois que j’en aurais fait souvent. » Parce que le sport, finalement, c’est toute sa vie. « Et puis ça ne fait pas de mal au coeur et aux artères ! »
Carine BAUSIÈRE

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