La Voix du Nord - 17/01/2007 |
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Deuxième en Coupe du monde, Jérémy Cadot a des nerfs d’acier
À un an et demi des Jeux olympiques de Pékin, l’Héninois Jérémy Cadot vient de donner un sérieux coup de pied dans le beau panier du fleuret français.
Dimanche à Copenhague, ce senior première année a réalisé une performance assez rare pour sa première épreuve de Coupe du monde dans cette catégorie.
Il a en effet pris la deuxième place derrière un autre français, Erwann Le Pechoux, et devant Guillaume Pitta.
La présence de trois Français sur le podium, voilà qui pourrait laisser imaginer une compétition en comité restreint. Pourtant, à l’exception des Chinois, toutes les grandes nations du fleuret étaient présentes au Danemark. Voilà qui en dit long sur le niveau de la performance de Jérémy Cadot, tireur atypique, bien à l’image de son parcours ce week-end.
L’Héninois a abordé cette compétition avec seulement une semaine d’entraînement en raison d’une entorse au genou, qu’il s’est donnée en skiant. Mais il dispose d’une force mentale étonnante qui lui a permis dimanche de se sortir d’embûches successives : « Je commence par éliminer un Italien sur le fil alors que le score était à 10-10. Je suis ensuite mené 6-1 par un Russe. Je reviens à 12 – 12 et je gagne une nouvelle fois à la mort subite. »
Et comme s’il n’avait pas encore assez joué avec le feu, il réalise un coup incroyable au tour suivant face à un Polonais, lui imposant une véritable guerre des nerfs : « Je savais comment l’affronter. Il mène 1-0 à quelques secondes de la fin de la deuxième manche. Je mise alors tout sur un coup pour égaliser. Puis je porte la deuxième touche et le match est joué. »
Le coup de poker
À croire qu’il avait envie de jouer à se faire peur. En quarts de finale face à l’Italien Alongi, il est mené 10-7 à trente secondes de la fin. Il tente alors trois fois le même coup de folie à l’épaule, prend tous les risques et égalise avant de s’imposer une troisième fois à la mort subite. Il élimine ensuite le Français Pitta (15-12) pour entrer en finale avant de sombrer physiquement dans la deuxième moitié du match face à Le Pechoux alors qu’il menait 9-6. En réalisant un tel parcours, Jérémy Cadot a forcément marqué les esprits.
Compétiteur né, il est aussi capable des plus grands coups tactiques. Il est incontestablement un cas à part dans le monde de l’escrime. Le prodige héninois avait averti son entraîneur Fabrice Vanhems la semaine dernière : « Il m’avait dit qu’il y allait pour taper fort, il a tapé fort… Il faut maintenant qu’il ait les dents longues. Il n’est pas du genre à se poser de questions. Cette performance devrait surtout lui permettre d’être sélectionné pour d’autres épreuves mondiales. On attend la suite… » La suite, ce sera la Coupe du monde à Paris dans deux semaines, puis, peut-être, une tournée asiatique.













