La Voix du Nord - 25/05/2007 |
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TENNIS Nathalie Dechy : « Je n’ai jamais fait de choses qui ne me ressemblaient pas »
Heureuse de retrouver dans les prochains jours, pour la treizième fois consécutive, les courts en terre battue de Roland-Garros, où elle disputera le simple, le double mixte et le double dames avec Amélie Mauresmo, Nathalie Dechy sera, cette année encore, la chef de file d’une délégation nordiste hélas réduite à sa plus simple expression puisqu’elle ne sera accompagnée que de Pauline Parmentier.PAR DAVID DELPORTE
sports@lavoixdunord.fr
PHOTOS PATRICK DELECROIX
Quarante-cinquième joueuse mondiale au dernier classement WTA, la Villeneuvoise s’apprête, à vingt-huit ans, à disputer son… quarante-cinquième tournoi du Grand Chelem consécutif. Un chiffre révélateur de sa longévité au plus haut niveau depuis ses débuts en 1995, seules la Russe Elena Likhovtseva (51 tournois au compteur) et la Japonaise Ai Sugiyama (50) pouvant se targuer, actuellement, de faire mieux sur le circuit féminin.
Si elle se réjouit, bien évidemment, de ces statistiques, Nathalie Dechy affiche, néanmoins, une volonté plus accrue de se projeter vers le futur que de regarder dans le rétro : « Je ne compte plus jouer des années, mais l’heure n’est pas venue, pour autant, de faire des bilans, tranche-t-elle. Je veux aller de l’avant car je suis convaincue que j’ai encore de belles choses à faire dans le tennis. » En la voyant aligner, avec une farouche détermination, les tours de piste mercredi, son mari, Antoine Maître de Vallon, assurait d’ailleurs ne pas l’avoir vue aussi rayonnante et en forme depuis près de deux ans. En fait, depuis la fin de sa collaboration avec Sven Gröneveld, l’homme qui l’a menée au onzième rang mondial et à une demi-finale à l’Open d’Australie en janvier 2005.
« Sven était un formidable meneur capable de pousser “Nath” à dépasser ses limites, à se faire mal à l’entraînement, expliqua-t-il. Depuis février, elle a retrouvé cet état d’esprit avec Martijn Bok. » Suffisant pour la relancer vers les sommets ? L’avenir le dira…
Ligne de conduite
« Avec l’expérience, on devrait arriver à avoir une certaine “zénitude”, mais aborder un tournoi du Grand Chelem, c’est toujours particulier, admet-elle. Je sais que je prends toujours les choses à coeur, même si j’arrive à me détacher un peu mieux que par le passé. » Au fil des années sur le circuit, la jeune femme estime avoir bien évolué, sans pour autant déroger à ses principes : « Quand on fait du sport de haut niveau, on évolue forcément, car il faut constamment aller de l’avant. Mon caractère a évolué, j’ai appris à dire plus facilement les choses. Mais je n’ai jamais fait de choses qui ne me ressemblaient pas. »
Même lorsqu’elle s’est retrouvée sous les feux des projecteurs en 2005 après son brillant parcours à Melbourne, elle n’a jamais dévié de sa ligne de conduite : « J’ai décidé de ne pas changer. Les gens m’apprécient comme je suis ou ils ne m’apprécient pas, c’est tout, insiste-t-elle. J’ai été pas mal sollicitée à l’époque pour participer à des émissions de télévision, mais à part "Le Grand Journal sur Canal +", j’ai tout refusé. Je n’avais pas envie d’aller dans des émissions que je n’aime pas juste pour me vendre ou parce que ça pouvait servir mes intérêts. Vous ne me verrez jamais aller en minijupe à la télévision avec l’espoir d’augmenter mes contrats. » Ses partenariats avec les sponsors, Nathalie Dechy a d’ailleurs décidé de les gérer elle-même depuis plusieurs années avec un coup de main ponctuel de son mari. « IMG s’occupait de moi par le passé, mais j’ai vite préféré me prendre en charge dans ce domaine, comme pour la réservation de mes hôtels ou de mes billets d’avion. Je gère en quelque sorte ma petite entreprise, précise-t-elle amusée. J’aime savoir ce qui rentre, ce qui sort. Un gars comme Fabrice Santoro fonctionne de la même façon. Ça me servira pour plus tard. Quand ma carrière sera finie, je ne sortirai pas de ma bulle en me demandant comment ça se passe dans la “vraie vie”. Peut-être que je me vends moins bien que ne le ferait un professionnel, mais je crois que mes sponsors, Lacoste et Gaz de France, apprécient ce rapport direct. Il n’y a pas dix mille intermédiaires, pas de commissions, donc ça compense. »
Dans ses choix sportifs, la Villeneuvoise a également décrété ne répondre qu’à ses envies : « J’ai ainsi décidé de ne plus me rendre à Moscou car c’est non seulement une galère pour obtenir le visa, mais en plus je ne m’y suis pas sentie en sécurité. Je suis sortie deux fois dans les rues et à chaque fois j’ai croisé des mecs qui sortaient des flingues. Heureusement, c’est un cas rare. Sur le circuit WTA, on tombe sur des endroits assez chouettes. »
Avec ses copines les plus proches telles qu’Amélie Mauresmo, Justine Henin ou Tatiana Golovin, Nathalie Dechy se fait même régulièrement une joie, en véritable épicurienne, de découvrir les bonnes tables du monde entier : « Je vais pouvoir éditer un guide des bonnes adresses du circuit », conclut-elle, tout sourire.
Séduite par certains coins des États-Unis, par la beauté de l’Australie et surtout par la Nouvelle-Zélande, où elle aimerait retourner un jour, Nathalie Dechy avoue qu’à force de voyager, elle apprécie de se retrouver chez elle : « On a quand même une vie de troubadours avec toujours des valises dans les mains. Heureusement, j’arrive à vite m’habituer aux hôtels. j’installe quelques affaires personnelles partout dans la chambre et je me sens comme chez moi », confesse-t-elle.
Son avenir ? « Je ferai un trek avec une amie, j’ai envie d’avoir assez vite des enfants, mais après je ne sais pas trop… » La Villeneuvoise ne veut d’ailleurs pas spécialement y songer. Son esprit est, aujourd’hui, totalement tourné vers Roland-Garros, le seul tournoi du Grand Chelem où elle n’a encore jamais réussi à se hisser en deuxième semaine. Et si, cette fois, c’était la bonne ?
Le tirage au sort de Roland-Garros a lieu aujourd’hui à 11 h 30 de façon électronique.















