La Voix des Sports - 18/06/2007 |
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Nathalie Dechy : « On mène vraiment une vie de troubadour »
Tennis
Engagée cette semaine dans le tournoi d’Eastbourne, dernière étape avant le grand rendez-vous de Wimbledon, lundi prochain, Nathalie Dechy a, une fois encore, passé son week-end à faire et défaire ses valises.Une gymnastique habituelle dans la vie d’une joueuse de tennis professionnelle : « Ma mère me dit qu’elle a l’impression de me voir tout le temps avec des bagages, confirme la Villeneuvoise. On mène vraiment une vie de troubadours. Le maximum de temps que l’on passe dans une même ville c’est deux semaines. C’est une vie particulière, mais je m’y suis habituée, ça fait douze ans que je fais ça. Et je dois dire que j’en profite davantage maintenant que je sais que ça ne va plus durer très longtemps, que je me rapproche de ma fin de carrière. » Si, en installant quelques affaires personnelles, elle arrive rapidement à se sentir comme chez elle dans n’importe quelle chambre d’hôtel, Nathalie Dechy reconnaît aussi qu’elle n’aurait peut-être pas tenu le coup aussi longtemps si elle n’avait pas rencontré, en 2000, son mari, Antoine, qui voyage depuis toujours en sa compagnie.
La vie sur le circuit est tellement décalée que la Villeneuvoise avoue ressentir toujours des sensations étranges quand elle se pose, chez elle, à Paris : « On a un appartement que l’on utilise durant Roland-Garros et l’Open Gaz de France, précise-t-elle. Ça fait bizarre de loger à la maison, on n’a pas vraiment l’impression d’être en tournoi. » Cette proximité constitue toutefois un sacré atout pour gérer les périodes d’attente et les jours de repos : « Ça permet de rester au calme, car la traversée des allées à Roland-Garros est terrible, confie-t-elle. On se fait arrêter cinquante fois par les gens entre le court Suzanne Lenglen et le Central. C’est assez fatiguant. Du coup, j’essaie à chaque fois d’y passer le moins possible. » Si une petite séance physique, un entraînement tennis, des soins et du repos rythment habituellement les journées sans rencontre, celles avec match sont bien plus délicates à gérer : « Surtout s’il y a de la pluie, concède-t-elle. Dans ces cas-là, quand on est à Paris, j’attends chez le kiné, Jérôme Bianchi, ou dans le bureau de Georges Goven à la DTN. Il y a souvent la télé en bruit de fond, mais je regarde rarement les matches. » Là où de nombreux joueurs passent le temps en jouant aux jeux vidéo, la Villeneuvoise préfère, elle, se plonger dans les bouquins : « J’adore lire, dès que j’ai un moment de libre, je prends un livre. Je commence à avoir une sacrée collection, explique-t-elle. Il y en a partout chez mes parents à Villeneuve-d’Ascq, dans notre appartement à Paris, dans notre maison à Tournai, chez mes beaux parents. Je n’aime pas un genre en particulier. En ce moment, je lis surtout des bouquins américains, comme ceux de Truman Capote. » De temps en temps, la jeune femme s’offre aussi quelques visites, comme récemment au Colisée de Rome, mais les occasions de faire du tourisme restent assez rares : « En revanche, je vais pouvoir éditer un guide des bonnes tables du circuit, assure-t-elle. On a quelques endroits dans différentes villes où nous avons chaque année nos habitudes. » Des bonnes tables qu’elle partage volontiers avec des filles comme Tatiana Golovin, Amélie Mauremo ou encore Justine Henin, même si leur vie si particulière ne permet pas, là encore, de toujours se réunir comme elles le voudraient : « On fait quelques dîners ensemble, mais nous n’avons jamais les mêmes contraintes en fonction des jours et des heures de match, donc ce n’est pas simple, poursuit-elle. Et puis, même s’il n’y a rien de malsain, il y a quand même une forme de rivalité. Je pense qu’on sera plus proches les unes des autres une fois notre carrière terminée. » En attendant, consciente d’être une privilégiée, Nathalie Dechy entend savourer pleinement chaque instant de sa drôle de vie.
David DELPORTE
Photo Patrick DELECROIX












