La Voix des Sports - 18/06/2007 |
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Deux titres du Grand chelem en double n’auront certes jamais l’impact de succès en simple, mais pour la Villeneuvoise Nathalie Dechy, les succès acquis, l’an passé, à l’US Open avec la Russe Vera Zvonareva et, cette année, à Roland-Garros avec l’Israëlien Andy Ram sont, non seulement, des sources de grand plaisir, mais aussi des expériences utiles pour le simple. À une semaine du début de Wimbledon, elle évoque sa réussite dans cet exercice, tout en réaffirmant que le simple reste sa priorité…
– Comment se présente ce début de saison sur gazon ?
« L’entrée en matière, cette semaine à Birmingham a été assez difficile (défaite au 2e tour en trois sets contre la Russe Kirilenko). Mais c’est un peu normal, car notre parcours en double mixte à Roland-Garros a pompé pas mal d’énergie. J’étais tellement sur le coup de l’euphorie que j’ai pas mal enchaîné les jours suivants. Après avoir fini le match tard le jeudi soir, nous sommes partis en Angleterre dès le samedi. Je me suis entraînée le samedi et le dimanche. Le premier match contre l’Italienne Brianti s’est bien passé. Mais dans le deuxième match contre Kirilenko après un premier set intense (gagné 7-5), j’ai eu la grosse panne d’essence. Sur gazon, ça ne pardonne malheureusement pas, surtout contre une joueuse comme elle. Heureusement, j’ai pu récupérer depuis. Je vais jouer cette semaine à Eastbourne, un tournoi que j’adore, en simple et en double avec la Chinoise Tian Tian Sun. Le but est de bien préparer Wimbledon, qui reste, bien sûr, le vrai objectif. »
– Wimbledon, où vous allez de nouveau jouer en double mixte avec Andy Ram… « Oui, on s’est mis d’accord pour jouer de nouveau ensemble et je vais aussi disputer le double dames avec Séverine Brémond. Tout ça est très bien, mais, attention, dans ma tête il est très clair que je reste avant tout une joueuse orientée vers le simple. »
– Que représentent donc désormais les épreuves de double à vos yeux ?
« Ça reste du bonus, mais c’est vrai que c’est aussi un moyen de vivre de vraies émotions et de décrocher des titres en Grand Chelem.
Maintenant que j’en ai deux, je me rends compte que c’est vraiment fabuleux. Et puis ça reste un vrai moyen de s’améliorer en simple. »
– C’est à dire ? Que vous apporte le double ?
« C’est déjà le meilleur des entraînements. C’est mieux de jouer un double que d’aller taper des balles. ça m’a bien évidemment permis d’améliorer mon jeu vers l’avant, ma volée. Et puis le fait de servir pour le match dans une finale de tournoi du Grand chelem, c’est une émotion particulière, ça permet d’avoir une certaine expérience, qui pourra être utile dans des moments importants lors des futurs matchs de simple. »
– Le plaisir ressenti lors de vos deux titres de double a-t-il été similaire ?
« Non, ce n’était pas pareil. Déjà à l’US Open, l’an passé avec Vera Zvonareva, c’était particulier, car c’était ma première finale, mon premier titre en Grand Chelem. Et puis on avait joué d’une façon assez particulière, on avait adopté une tactique de match, c’était assez tendu tout le long de la finale. Je pense en avoir plus profité lors de la finale du double mixte à Roland-Garros. J’avais en plus gagné le double dames à Rome juste avant, donc je commence à avoir une certaine connaissance de ce style de jeu, j’ai accumulé de l’expérience. »
– Et la façon de jouer est-elle vraiment différente entre le double dames et le double mixte ?
« Oui, ce n’est vraiment pas la même chose. Ce n’est pas évident de s’adapter. Déjà parce que le garçon prend davantage de place sur le court. À la base, on attend beaucoup de l’homme dans cette compétition, on se dit qu’il faut qu’il soit à son meilleur niveau, mais en fait on se rend compte que le rôle de la femme est tout aussi important. Il faut donc réussir à créer une alchimie entre les deux. Mais c’est clair que ce sont deux façons de jouer vraiment différentes.
Après, il est évident que devoir retourner des services de Zimonjic, comme ce fut le cas à Roland-Garros en finale, qui arrivent parfois à 220 km/h, c’est assez surprenant. Quand le mec sert, c’est assez impressionnant. Et encore c’était sur terre battue, je n’ose même pas imaginer ce que ça donne sur gazon. »















