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La Voix du Nord - 15/07/2007
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Gerdemann sort l’Allemagne de sa morosité

L’Allemagne avait entamé le Tour avec la gueule de bois, elle a peut-être trouvé un nouvel intérêt à la Grande Boucle qui finissait par provoquer des crises d’urticaire de l’autre côté du Rhin.


Secoués de spasmes depuis les révélations sur le fonctionnement de T-Mobile au cours de la précédente décennie, dévastée par l’implication de Jan Ullrich dans le dossier Puerto et les aveux de Bjarne Riis, de Jörg Jaksche et Erik Zabel sur leurs pratiques dopantes, en réflexion face au traitement médiatique de la Grande Boucle, nos voisins découvrent ce matin (sauf dans le Berliner Zeitung qui boycotte l’événement), la bouille juvénile de Linus Gerdemann (24 ans), vainqueur en solitaire de l’étape au Grand-Bornand et nouveau Maillot jaune.



« Vino » à l’intox ?


La région l’avait alors découvert aux Quatre Jours de Dunkerque (2005) lorsqu’il prit le maillot rose au cap Blanc-Nez. On avait déjà perçu toute la classe de ce jeune coureur originaire de Munster mais encore un peu tendre pour défendre son bien le lendemain à Boulogne. On sentait pointer le Teuton (chez CSC), pas fâché de claquer quelques mois plus tôt la porte d’une formation T-Mobile alors dévouée à la cause d’Ullrich. On sait ce qu’il en est advenu.


Hier, Gerdemann a donc eu le nez creux en s’immisçant dans le bon groupe parti après 30 km de course. Sur la Colombière, l’Allemand a encore joué en finesse pour revenir avec Fofonov sur Guttierez et Landaluze. Il a ensuite accéléré la cadence pour distancer ses compagnons à 20 km de l’arrivée et finir les crampes dans les mollets sur la ligne du Grand-Bornand : « Les 300 mètres les plus longs de ma vie. » Globalement, ce premier rendez-vous aux sommets n’a pas provoqué de dégâts particuliers parmi les favoris : Moreau, Valverde, Pereiro, Popovych, Leipheimer, Schleck, Evans, Gusev, Karpets, Kashechkin, Menchov, Sastre, Klöden et Vinokourov ont tous terminé dans le peloton principal pointé à 3’38’’ de Gerdemann.

Devant les caméras, « Vino » a encore secoué plusieurs fois la tête, comme vendredi à Bourg-en-Bresse, pour montrer qu’il n’en pouvait plus. Et toute la presse a bien rigolé en observant la scène sur l’écran géant. Elle est dure la presse ! Mais elle a aussi en mémoire l’incroyable feuilleton Hamilton pendant le Tour du centenaire ou la quasi-dissection en direct de la hanche de Landis à la première journée de repos, l’an passé à Bordeaux. Le Kazakh a décidé de ne plus parler jusqu’à lundi. Son manageur, Marc Bivert fait le gros dos à sa place : «” Vino” et Klöden ont beaucoup souffert. Alexandre s’est notamment plaint des genoux. Klöden a aussi des douleurs au coccyx, mais ils ont terminé l’étape. » On veut croire qu’ils souffrent ! Mais pourquoi ne le montrent-ils pas avant l’arrivée ?  • F. R.


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