La Voix du Nord - 15/07/2007 |
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Comme prévu, Fabian Cancellara a dit « au revoir » au maillot jaune désormais porté par l’Allemand Linus Gerdemann qui s’est imposé à l’issue du premier rendez-vous montagneux, jugé au Grand-Bornand. Le Nordiste Laurent Lefèvre (5e de l’étape) se hisse à la quatrième place du général.AU GRAND-BORNAND, PAR FRÉDÉRIC RETSIN
sports@lavoixdunord.fr
Pour être franc, on s’était demandé si le soleil n’avait pas cogné un peu cogné trop fort sur la tête de Jean-René Bernaudeau vendredi soir sur la ligne d’arrivée de Bourg-en-Bresse. Avec beaucoup d’aplomb, le manageur général de Bouygues Telecom nous avait confié son plan de bataille censé amener « Lolo de Berlaimont » parmi les dix premiers du classement général à Paris. Une réflexion qu’il mène depuis la fin du Tour 2006.
Le hasard a voulu que nous partagions l’hôtel de l’équipe vendéenne dans la nuit qui a précédé cette première approche du Tour avec les sommets alpins. Là, vers 23 h, encore attablé en compagnie de ses directeurs sportifs Christian Guiberteau et Dominique Arnould, Bernaudeau insistait toujours dans sa démarche : « L’étape du Grand-Bornand est tracée pour lui. Il va tenter quelque chose. Et vous allez voir : la France va découvrir un chic type ! »
Nous, on le savait déjà depuis longtemps. Mais on savait aussi que ça ne suffisait plus forcément pour faire un champion. On répétait à l’envi que la vie de coureur cycliste était belle pour l’éternel souriant Laurent Lefèvre, un garçon incontestablement doué (surtout lorsque la pente s’élève), créateur d’ambiance, double vice-champion du monde chez les espoirs, qui débarque ensuite chez Festina (1997) mais trop parcimonieux de son incontestable talent.
Premier Français
Bernaudeau y voit une explication : « Il a traversé (sans y être mêlé) l’affaire Festina et est tombé dans d’autres équipes peut-être au plus mauvais moment. Il a ensuite été confronté à tout ce qui pourrit le vélo depuis dix ans. Il fallait être costaud pour résister.
Laurent est l’un des plus expérimentés du peloton mais il est tout neuf. » On le dit aussi stabilisé à Pibrac, dans la banlieue toulousaine, au côté de Marion – qu’il compte bientôt demander en mariage – et du petit Noé arrivé en septembre dernier. S’entraîner avec Didier Rous, l’a rendu plus concentré sur son métier. Malheureusement, ce dernier a pris une retraite anticipée. Le cousin du Nordiste, Olivier Bonnaire (également pro chez Bouygues) devrait le rejoindre prochainement pour prendre la relève.
Hier, Lefèvre a donc senti le bon coup après s’être glissé devant quelques kilomètres auparavant. Sa montée du col de la Colombière, pleine de lucidité, de courage et d’abnégation derrière Gerdemann, Landaluze, De la Fuente et Soler lui permet d’occuper ce matin la quatrième place du général, (le seul Français parmi les vingt premiers) à 2’55’’ du nouveau Maillot jaune, Linus Gerdemann. Oui, la France va découvrir un chic type. Et ce n’est que justice.















