La Voix des Sports - 16/07/2007 |
![]() |
L’énigme Astana et les mèches de Moreau
La première semaine en questions
Tignes (envoyé spécial). – Après neuf jours d’une course notamment marquée par les chutes de Vinokourov et Klöden, deux des favoris pour le classement général, et un premier menu copieux ce week-end dans les Alpes, le Tour a dégagé ses premières tendances.Vino et Klöden sont-ils hors-jeu ? – Le Kazakh s’est fait poser quinze points de suture aux deux genoux et au coude droit après sa chute sur la route d’Autun. L’Allemand poursuit le Tour avec un coccyx fissuré. Les deux leaders d’Astana ont pourtant pris respectivement les 19e et 18e places de l’étape jugée hier à Tignes. Ce matin, Klöden (12e du général) est pointé à 3’46’’ de Rasmussen. Un écart qu’il peut largement rattraper dans les deux chronos individuels prévus à Albi (samedi) et à la veille de l’arrivée à Paris (28 juillet). À condition de se maintenir avec les meilleurs en montagne. Dans la montée vers Tignes, les deux hommes ont pourtant montré les limites de leurs souffrances : « La douleur peut leur faire perdre entre 20 à 30 % de leurs capacités physiques », estime le docteur Gérard Porte. Kashechkin (5e du général à 2’53’’ de Rasmussen) est le mieux placé. En 2006, il avait pris la troisième place du Tour d’Espagne.
Qui est le plus complet ? – Troisième de l’étape, 4e du général (à 2’51’’), Valverde a montré d’énormes progrès dans les épreuves chronométrées. Le Murcian a traversé les premières ascensions sans encombre même si Menchov (10e), Sastre (11 e), Klöden (12e) et Leipheimer (13e) ne sont pas loin. Comme le dit son équipier Oscar Pereiro (14 e à 3’54’’) : « Les écarts ne sont pas encore déterminants. » Moreau a-t-il fait une erreur en multipliant les attaques ? – Au lendemain du 14 juillet, le champion de France a montré du panache. C’est bien, mais il ne s’est pas attiré que des sympathies. Vincent Lavenu stigmatise l’attitude de Valverde, Evans, Schleck, Popovytch et Contador : « À part l’Ukrainien, ils n’ont jamais voulu collaborer. C’est dommage car ils avaient la possibilité de reléguer Vinokourov à trois minutes. » Mais le Belfortain en a trop fait. Et on a bien compris que ça n’a échappé à personne.
Le retour de Mayo est-il une surprise ? – Depuis 2003 (6e du général), l’Espagnol n’a plus eu l’occasion de briller sur les routes du Tour. Abandon en 2004, 60e l’année suivante, il n’avait pas pris le départ de la dernière édition. Le Basque s’est rappelé au bon souvenir des suiveurs en enlevant cette année la dix-neuvième étape du Tour d’Italie à Comano Terme. Quelques jours plus tard, il était confronté à un contrôle antidopage positif. Mais l’Espagnol a pu prouver qu’il produisait naturellement un taux de testostérone supérieur à la normale.
Hier, il a retrouvé le goût des grandes envolées du début de la décennie.
Et les Français ? – Largement en tête du prix de la combativité pendant la première semaine (Augé, Sprick, Ladagnous), ils ont disparu à l’attaque des affaires sérieuses. Samedi, Laurent Lefèvre fut le seul à entrer parmi les vingt premiers de l’étape conclue au Grand-Bornand. Hier, Moreau a pris la 4e place. Il faut ensuite descendre jusqu’à Sylvain Chavanel (31e), également le mieux placé après le Belfortain au général (33e à 10’50’’ du Maillot jaune). Cette fois, on ne peut plus incriminer la vitesse : 34,177 km/h dans l’étape ; 39,193 km/h depuis le départ de Londres.
Frédéric RETSIN
Photo AFP















