La Voix des Sports - 16/07/2007 |
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Moreau fait la lessive mais c’est Rasmussen qui rince
L’étape du jour
Tignes (envoyé spécial). – Le peloton, Laurent Lefèvre en premier, redoutait ce grand rendez-vous alpin qui lui présentait quatre difficultés majeures (cols de Tamié, du Cormet de Roselend, Hauteville) puis la montée vers Tignes. Comme prévu, il a chamboulé le classement général désormais dominé par Mickaël Rasmussen. Depuis le passage de Bourg-en-Bresse, « chicken » (son surnom en référence à un gabarit pas vraiment taillé pour pousser du braquet) s’est senti pousser des ailes.Si le poulet danois va s’élancer demain matin avec le Maillot Jaune sur les épaules, on y voit aussi plus clair sur les ambitions des principaux prétendants. Linus Gerdemann (deuxième à 43’’) s’est accroché pour rester à portée de fusil, tandis que le « renaissant » Iban Mayo pointe désormais à 2’39’’, Valverde à 2’51’’, Kashechkin (le nouveau leader d’Astana ?) à 2’52’’, Evans à 2’53’’, Moreau à 3’06’’, Contador à 3’10’’, Schleck à 3’14’’ et Menchov à 3’19’’. Vinokourov et Klöden, qui boitaient bas depuis l’arrivée à Autun, sont restés dans le coup jusqu’à trois bornes de Tignes avant de craquer brutalement pour débourser 4’29’’ sur la ligne. Mais à 1’16’’ seulement du groupe Moreau.
Le champion de France fut incontestablement le grand animateur de la journée. À l’arrivée, on se demande pourtant si toute cette agitation a bien servi à quelque chose. On a compté sept attaques (dont six sur la partie la moins difficile de la montée vers Tignes). En insistant, le Belfortain a encore montré son extrême impatience. Il s’est aussi mis une énorme pancarte sur le dos. Ses compagnons (Valverde, Kashechkin, Mayo, Schleck, Popovytch et Evans) l’ont bien compris en n’acceptant pas les relais. Derrière son micro, Laurent Fignon le regrettait : « C’est dommage, il aurait mieux valu s’entendre, se contenter de rouler pour distancer Vinokourov et en placer une bonne dans les cinq derniers kilomètres. » D’autres, plus incisifs, ont constaté que Moreau avait fait du Moreau. Tête au vent et sabre au clair.
Ce matin, la lecture du classement général nous apprend donc que les Espagnols – trois dans les dix premiers – se positionnent en force. Logiquement, les grimpeurs sont aussi un peu à la fête. Rasmussen et Mayo miseront encore sur l’étape de demain, entre Tignes et Briançon (par l’Iseran, le Télégraphe et le Galibier).
« Quand je lis le classement général, ça ne m’inspire pas le renouveau du cyclisme », glisse malicieusement Lefèvre. Le Nordiste ne pourra plus compter sur les T-Mobile, nouveaux pourfendeurs de la lutte antidopage, qui ont laissé trois de leurs coureurs sur le carreau : Rogers a percuté un muret dans la descente du Cormet de Roselend (d’où Arroyo est ressorti miraculeusement du ravin) pour abandonner dans la montée de Hauteville, Cavendish n’en pouvait plus et Sintkewitz s’est sérieusement blessé (fracture ouverte du nez) en heurtant un spectateur dans sa descente vers son hôtel (lire par ailleurs).
Frédéric RETSIN
Photo AFP















