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La Voix du Nord - 18/07/2007
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La Grande Boucle dans tous ses états
NEUVIÈME ÉTAPE La joie du surprenant Soler, les larmes de Vinokourov, l’énergie deValverde et l’opportunisme de Klöden ont marqué la sortie des Alpes
 Alexandre Vinokourov, en larmes après l’arrivée, a compris qu’il ne gagnerait peut-être jamais le Tour de France. Une image rare quiramène les cyclistes à un peu plus d’humanité. La dernière édition de l’épreuve nous a appris à ne pas trop nous avancer. Nous avions tiré un trait sur les ambitions de Floyd Landis après l’ascension sur La Toussuire, l’Américain avait opéré un spectaculaire redressement dès le lendemain à Morzine. Mais on sait désormais dans quelles conditions. Effondré, en pleurs quelques instants après son arrivée à 3’24’’ de Soler, vainqueur de l’étape de Briançon, Alexandre Vinokourov a compris qu’il ne gagnerait peut-être jamais le Tour. Et ce n’était pas du cinéma !

À BRIANÇON, PAR FRÉDÉRIC RETSIN
sports@lavoixdunord.fr
PHOTOS AFP



Le Kazakh a bredouillé quelques mots puis il s’est affalé sur son vélo. Même Serge, son garde du corps belge, d’habitude moins attendri face à la foule médiatique déchaînée, ne savait pas comment s’y prendre. Ce matin, « Vino » pointe à 8’05’’ du Maillot jaune, Mickaël Rasmussen, qui s’était pourtant levé de bonne heure pour répondre à un contrôle sanguin inopiné délégué par la commission médicale de l’UCI (comme l’ensemble de son équipe, la Lampre et les coureurs du Crédit Agricole).



Klöden libéré du poids de « Vino »

Le débours commence à faire lourd alors que le Tour fonce maintenant vers la Méditerranée avant un nouveau grand chapitre qui s’écrira samedi dans le chrono autour d’Albi, puis les jours suivants dans la redoutable traversée des Pyrénées. « Vino » a vécu « une journée terrible  », s’accrochant comme il le pouvait dans le Télégraphe, en cédant ensuite du terrain au fil de l’approche vers le sommet du Galibier. C’est le grand perdant du jour avec le Russe Denis Menchov et l’Allemand Linus Gerdemann confrontés à leurs limites.


Hier, nous avions annoncé qu’il fallait toujours se méfier des lendemains de repos. Et qu’a-t-on vu sur les pentes d’un des géants du Tour ? Un Colombien (Soler) qui descend presque aussi bien qu’il ne grimpe, une équipe Discovery Channel revigorée au point de placer Contador (5e à 3’08’’ de Rasmussen) et Leipheimer (9e à 3’53’’) dans les dix premiers du classement général, des alliances qui auraient pu être fatales à Moreau (lâché dans les trois derniers kilomètres du Galibier, le Belfortain a finalement limité la casse en finissant à seize secondes de Valverde deuxième de l’étape avec dix secondes de bonifications supplémentaires dans la musette) et un groupe Caisse d’Épargne bien affûté.


Valverde a secoué ce qu’il restait du paquet à cinq reprises sur les huit dernières bornes (les plus pentues) du Galibier. Le Murcian est visiblement très fort. Il est bien entouré aussi. Guttierez, Pereiro, Karpets (qui a ensuite cédé) et Arroyo ont d’abord remarquablement travaillé pour leur leader avant de s’accrocher pour entrer dans les trente premiers de l’étape (et du général).


Il reste enfin le cas Klöden. Débarrassé du fardeau Vinokourov, l’Allemand d’Astana (deuxième en 2004, troisième en 2006) peut avancer ses références pour inciter son équipier Kashechkin (12e du général à 5’34’’) à se tenir tranquille. Hier, son coccyx ne semblait pas le gêner. C’est sans doute l’effet d’une journée de repos. D’aucuns suggéraient une intervention au ciment pour combler la fissure. D’autres proposaient le silicone (c’est plus léger en montagne !). Une certitude, le Berlinois – qui en a profité pour rappeler opportunément les quatorze contrôles dont six inopinés depuis le début de la saison – est en mesure de refaire cet écart dans les deux chronos individuels. Et dire qu’on lui a demandé de se sacrifier pour « Vino » dans l’étape du Grand-Bornand ! •


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