La Voix du Nord - 20/07/2007 |
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Victime d’une chute puis d’un mouvement mené par l’équipe Astana, Christophe Moreau est la grande victime de cette journée. Le Belfortain a perdu 3’20’’ sur les favoris et recule à la 14e place du classement général (à 6’38’’ de Rasmussen).Il a encore fait très chaud entre la Provence et le Languedoc. Mais le peloton, qui attend le chrono de demain à Albi, ne musarde pas pour autant (48,061 km/h de moyenne).
Le Sud-Africain Robert Hunter s’est imposé au sprint à Montpellier. C’est la première victoire du continent africain dans le Tour.
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Le peloton n’a plus de patron. Christophe Moreau l’a visiblement appris à ses dépens sur une étape dite « de transition » entre Marseille et Montpellier (182,5 km). Le Belfortain, qui a chuté lourdement en début de course (km 31), a ensuite subi le coup de bordure organisé par Vinokourov et ses équipiers à 70 km de l’arrivée. On venait de passer la zone de ravitaillement. Le vent, qui soufflait de l’arrière depuis le début de la course (50,8 km/h dans la première heure, 48 km/h dans la deuxième) s’est brusquement mis de travers. Moreau aussi.
C’est John Gadret qui raconte : « On a vu les Astana remonter d’un seul coup. Nous étions un peu en retrait mais dans le bon paquet. Puis l’éventail s’est formé. Goubert (Crédit Agricole) a insisté au lieu de s’écarter. Il était “mort”. L’espace s’est créé.On n’a jamais pu rentrer. » Derrière le Maillot jaune, le groupe du champion de France a longtemps lutté à moins d’une minute avant de concéder régulièrement du terrain. Dans l’affaire, quelques sprinteurs (Zabel, Hushovd, Eisel, Sébastien Chavanel) avaient aussi été piégés.
Évidemment, on évoque le coup d’État. C’est certain, « Vino » a voulu faire payer la note à Moreau, coupable de l’avoir secoué à plusieurs reprises sur la montée de Tignes. « Il ne faut pas employer les grands mots », répond le Belfortain face à une cohue compressée devant son pullmann, aussi dégoulinante de sueur que de compassion : « C’est la course, on ne peut rien reprocher à Vinokourov. J’aurais pu me faire plus mal. L’équipe s’est montrée très solidaire et a accompli un travail formidable », poursuit-il en se frottant la hanche et le bas du dos.
Un chat noir est pourtant passé devant Vincent Lavenu. Il faut dire que la matinée avait mal commencé pour le manager général d’AG2R. À l’heure du petit-déjeuner, il ne cachait déjà pas son pessimisme sur l’état de Sylvain Calzati, vainqueur l’an passé à Lorient et perclus de douleurs aux tendons d’Achille. Il abandonnera rapidement. Puis c’est la « gamelle » de Moreau, touché à l’avant « par la roue d’un Milram », qui emmène son équipier Simon Gerrans sur le bitume. Le champion de France manque de tomber une deuxième fois et doit ensuite changer de chaussures. Cale cassée. « On n’est pas vernis ».
Pendant ce temps, Mickaël Rasmussen poursuit sa route avec le maillot jaune sur les épaules pour le quatrième jour consécutif. « Chicken » brille comme un canard laqué mais il appréhende fébrilement le contre-la-montre de samedi sur l’exigeant parcours tracé autour d’Albi (54 km). À moins d’une spectaculaire progression dans cet exercice qu’il « n’a pas spécialement préparé, ni travaillé », « Chicken » s’attend à prendre un tir. Hunter, lui, s’en moque. Le Sud-Africain, qui n’est pas sans rappeler cette génération des premiers coureurs australiens venus se frotter à l’Europe, s’exprime avec toute son insouciance et… son assurance.













