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La Voix du Nord - 20/07/2007
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Willy Voet ne s’emballe plus pour le Tour

 L’ancien soigneur de Festina est sur le Tour. Willy Voet aime toujours le vélo. Mais neuf ans après le déclenchement de l’Affaire Festina et son interpellation sur la route du Dronckaert, à Neuville-en-Ferrain, l’ancien soigneur ne se contente plus que d’apparitions ponctuelles. Retiré du milieu, le Belge exerce toujours son métier d’autocariste sur la ligne régulière entre Gap et Marseille. Il continue de jeter un regard sans complaisance sur le peloton.


– Willy, on est plutôt surpris de vous voir au village départ…
« Il faut parfois ruser. L’an passé, j’avais obtenu un laisser-passer grâce à un journal national avec lequel j’avais suivi l’étape Gap - L’Alpe-d’Huez. Au nez et à la barbe de l’organisation. Cela avait provoqué un terrible remue-ménage. Cette fois, j’ai obtenu une invitation. Je suis la course avec une équipe de la VRT (la télévision publique flamande). Le vélo, c’est quand même trente ans de ma vie. »

 

– Vous vous sentez toujours rejeté par le milieu ?
« Chez les coureurs, il n’y en a plus que trois ou quatre qui me connaissent. Les autres se sont peut-être sentis visés par mes témoignages. Mais c’était pour sauver ma peau. Mon livre (1) m’a ensuite valu quelques inimitiés. Mais on vit dans une hypocrisie générale. Le déballage autour de Riis me choque vraiment. On ne veut pas de lui sur le Tour, mais tout le monde savait qu’il était dopé lorsqu’il l’a gagné en 1996. Surtout nous, chez Festina. Au matin de l’étape vers Hautacam (celle qui permet au Danois d’assommer le Tour), toute notre équipe était à 54 de taux hématocrite. Mais Riis a réalisé un festival qui a bluffé beaucoup de monde. Pas nous. »

 

– Que pensez-vous de ses aveux ?
« C’est bien de l’avoir fait. Mais on l’a rayé du palmarès tout comme on va rayer Zabel de celui du maillot vert 1996. En revanche, on ne touche pas aux maillots à pois de Virenque alors qu’il a aussi avoué s’être dopé pendant plusieurs années. Les Français sont chauvins. »

 

– Quelle est votre opinion sur le dopage actuel ?
« Il doit encore y avoir quelques coureurs à l’eau claire. Mais le dopage fait toujours partie du milieu. C’est comme une majorette avec son bâton. Ce Tour me donne quelques espoirs. Dans le final, ça ne roule plus à bloc comme avant. Le peloton n’est plus étiré en une file. En montagne, un ancien collègue de Festina, qui travaille maintenant chez CSC, me dit qu’ils passent sur 38x25 plutôt que sur 38x23. Il y a des cassures, c’est un signe. J’ai envie de dire que ça va mieux mais ma femme me reprend vite : “T’es bête ou quoi ?” »

 

– Vous avez encore des indices ?
« Quand je vois Contador grimper le Galibier comme il l’a fait. Quand j’observe Rasmussen pendant 50 km comme sur l’étape de Tignes. Moreau  ? Il court comme un abruti. Je le connais bien. Il s’est fait prendre deux fois : au critérium international et dans l’Affaire Festina. S’il fait maintenant tout ça à 36 ans en marchant à l’eau, je lui tire mon chapeau. Et je me dis que j’ai été bien con de prendre tous ces risques pendant toutes ces années. » •  

PROPOS RECUEILLIS PAR FRÉDÉRIC RETSIN
1. – « Massacre à la chaîne ».


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