La Voix du Nord - 21/07/2007 |
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Le premier contre-la-montre individuel, c’est le vrai test qui marque les écarts plus prononcés entre les favoris. Celui qui se profile cet après-midi autour d’Albi (54 km) n’échappera pas à la règle. Chambardement garanti au classement général, même si les meilleurs se sont déjà positionnés.Malheureusement, l’incertitude sportive louée depuis le départ a été rattrapée par une tache sur le maillot Jaune. Ce qui embarrasse bien du monde.
PHOTOS AFP
La fédération danoise a donc sanctionné Michael Rasmussen (Rabobank) privé des prochains championnats du monde sur route (le 30 septembre à Stuttgart) et les Jeux olympiques de Pékin. Comme ça, en plein Tour ! « Nous voulions l’annoncer au mois d’août, mais nous n’avons pas l’habitude de mentir lorsqu’on nous pose une question », a commenté son président Tom Lund. C’est quand même prendre les gens pour ce qu’ils ne sont pas. Mais il n’est pas le seul.
Rasmussen, qui passait du temps auprès de sa belle-famille au Mexique, ne s’est pas présenté à deux contrôles inopinés (8 mai et 22 juin) diligentés par l’Union cycliste internationale (UCI). Insuffisant pour le déclarer positif (trois « no-show » sont nécessaires pour arriver à cette conclusion).
Il a donc pu prendre le départ du Tour et il peut même continuer sa course « en l’absence d’éléments concrets » selon Christian Prudhomme.
Pour tout le monde ou presque, le coureur n’a reçu qu’un carton jaune. Rasmussen, qui argumente sur un courrier « un peu lent pour arriver aux bureaux de l’UCI », ne craint pas de provoquer le claquage de nos zygomatiques et ne s’encombre pas d’un ordinateur en déplacement.
C’est un marginal, il le revendique.
Le Tour, lui, crie au complot organisé. L’UCI, Rabobank et la fédération danoise, soupçonnées pour leur proximité avec l’ancien président Hein Verbbrugen (qui rêve de mettre la main sur le pactole de la Grande Boucle par le biais du Pro Tour) connaissaient le dossier depuis le 29 juin. Vous voyez le tableau ! Rasmussen a même pu courir son championnat national (le 30).
Émeute médiatique
Hier, Christian Prudhomme a défoncé la porte en se demandant « à qui profite le crime ? » Mais le successeur de Jean-Marie Leblanc, qui a longuement conversé par téléphone avec Theo De Rooy, s’est curieusement gardé d’un commentaire sur le silence de ce dernier. De Rooy a pourtant signé une charte éthique au début de l’année. Il reconnaît avoir commis « une faute » en ne prévenant pas ASO. « Ce n’était pas un contrôle positif », se justifie le manageur général néerlandais. En d’autres termes, il a pris un risque. C’est l’été : tout le monde est un peu long à la détente.
En conséquence, on frise l’émeute médiatique autour du bus orange. À Montpellier, une escorte policière digne des plus grands Texans a accompagné Rasmussen jusqu’à la ligne de départ ! Les Espagnols se disent qu’ils ont la paix pendant un petit bout de temps. À part ça, Tom Boonen a enlevé une deuxième étape à Castres, après celle gagnée à Bourg-en-Bresse. On a une pensée émue pour Raymond Devos qui ponctuait l’un de ses derniers sketches d’un retentissant : « Et le spectacle continue ! »
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Le Tour de France est-il encore crédible ?
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