La Voix du Nord - 21/07/2007 |
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Depuis le début du Tour, Éric Boyer ne peut pas reprocher à ses coureurs de ne pas tenter leur chance. Ils animent les échappées, Sylvain Chavanel n’est pas le moins obstiné mais la réussite est en fuite. Son équipe ne subit pas une course dans laquelle le manageur général de l’équipe nordiste, très engagé dans la lutte contre le dopage et la défense de son sport, voit « quelques signes rassurants » en dépit des deux cas qui secouent la caravane depuis trois jours. Hier, il a accepté de livrer son sentiment sur le cas Rasmussen et son contexte.
– Éric, que vous inspirent ces dernières révélations au sujet du Maillot jaune ?
« Il est clair que l’Union cycliste internationale (UCI) cherche à déstabiliser le Tour. On connaît l’état de ses relations détestables avec les organisateurs. C’est dégoûtant. L’UCI connaissait toutes ces informations sur Rasmussen depuis le départ de l’épreuve. Elle les a transmises à la fédération danoise, mais elle a omis d’en parler aux organisateurs. Comme par hasard, c’est au milieu de la course que toutes ces instances publient la nouvelle. »
– Rasmussen traîne pourtant une drôle de réputation. Vos coureurs sont-ils gênés de le voir en jaune ?
« Oui, ils ont “les boules”. Hier matin, j’ai longuement parlé avec eux à l’hôtel. Ils ont compris la situation. Ils savent que le Danois est aussi un pion dans la lutte qui oppose actuellement l’UCI à Amaury Sport Organisation. Mais ils sont aussi ennuyés de le voir avec le maillot sur les épaules. Il ne fait qu’une course dans l’année puis il disparaît. Je sens bien qu’ils ont envie de lui demander des comptes. »
– Mais il existe une association internationale des coureurs (AICP) pour évoquer ce genre de problème…
« Je vois où vous voulez en venir. Elle n’est crédible que sur le papier. On ne la voit pas sur le terrain. C’est du bidon ! »
– Rabobank a maintenu Rasmussen au départ de Londres en ayant connaissance de ces informations. Le Tour est en conflit ouvert avec l’UCI. Voyez-vous un lien avec l’ancien président de l’UCI, Hein Verbruggen ?
« J’ose espérer que non. Mais je m’interroge sur la décision de Théo De Rooy (le manager général de la formation néerlandaise). »
– Qu’attendez-vous de l’UCI ?
« Qu’elle dévoile ses informations au sujet de Rasmussen. Et qu’elle se montre enfin sur le terrain. Où est Pat McQuaid, le président actuel ?
Il est le patron de son sport, il le revendique, mais il reste dans son bureau. Aujourd’hui, il a un problème précis et simple à régler. Jeudi soir, il aurait dû prendre le premier avion pour Montpellier, se pointer au pied du bus des Rabobank et demander des explications. Il a préféré organiser une campagne de communication dans le seul but de plomber le Tour. »














