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La Voix du Nord - 22/07/2007
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Sponsors : l’autre course a débuté

Il semble loin, le temps où Festina se gaussait de vendre plus de montres après l’affaire qui éclaboussa le peloton en 1998.


Dans un passé pas si lointain, les manageurs des grandes équipes vantaient un retour en notoriété quasi immédiat pour attirer de nouveaux partenaires. Le sponsor, contraint à une réflexion plus profonde sur le risque de son investissement face à la multiplication des affaires, exige désormais un positionnement fort dans la lutte contre le dopage.


Les valeurs du vélo ne suffisent plus. L’image peut en pâtir même si la notoriété de Cofidis n’avait pas souffert de la crise qui a traversé l’équipe nordiste en 2004.


Les temps sont durs. Simple partenaire du Tour, Skoda (qui fournit les véhicules officiels) n’a pas encore renouvelé son parrainage avec les organisateurs.
Adidas a fait savoir qu’il ne fournirait plus d’équipements à T-Mobile en dépit d’un renouvellement de contrat signé au mois de mai. Ce qui n’inquiète pas Bob Stapleton, en mesure de « se retourner vers deux autres firmes ».

Le Pro Tour en cause

La création et le système du Pro Tour n’ont pas arrangé les choses. L’avenir de plusieurs équipes (Gerolsteiner, Quick Step, Predictor-Lotto, Crédit Agricole, Bouygues Telecom, Milram, Cofidis et La Française des Jeux) n’est pas lisible au-delà de 2008. Gerolsteiner (Allemagne) a menacé : «  Encore une affaire de dopage sur le Tour et ce pourrait être la fin ». La firme d’eau minérale, qui lancera un sondage sur son image après le Tour, estime à 50 % de chances le renouvellement de son partenariat.


Plus symptomatique encore, Discovery Channel, héritière de l’US Postal et avantageusement défendue par Lance Armstrong, ne s’inscrit pas au-delà de 2007.
Même le prestige du septuple vainqueur du Tour ne suffit pas à convaincre sur le marché des États-Unis. Pour la première fois, Johan Bruyneel se tournerait vers l’étranger. On parle de l’Asie (Chine). Le signe d’une nouvelle orientation amorcée par l’arrivée d’Astana (un sponsor kazakh sous licence suisse) après la déflagration de l’« Affaire Puerto » ? Un nouvel eldorado pour le business cycliste ? Nos confrères d’outre-Atlantique ne sont pas loin de le penser.

Se tourner vers l’Asie ?


Même si ce Tour ne représente pas un enjeu majeur dans la course aux budgets, les équipes françaises ne manquent pas l’occasion de montrer le maillot. Des fois que… Un exemple : Cofidis ne se prononce toujours pas sur la suite de son investissement, François Migraine donne carte blanche à Éric Boyer pour démarcher auprès de nouveaux repreneurs, Bradley Wiggins s’offre un raid solitaire de 190 km la semaine dernière sur la route de Bourg-en-Bresse, Sylvain Chavanel tente le coup chaque jour ou presque… « Ce ne sont pas des échappées commerciales », rectifie Boyer. « On le fait pour essayer de gagner l’étape. » Si chacun relativise le poids du Tour dans le dossier de présentation, on n’occulte pas son importance en terme de communication (lire ci-dessous) . Certain de l’arrêt du Crédit Agricole en 2008, Roger Legeay ne panique pas : « On dispose d’un an et demi de visibilité.  »

Dans une forme d’autopersuasion, le manageur général de Thor Hushovd veut s’appuyer sur sa longue histoire dans la discipline. Cela suffira-t-il ?
 • F. R.


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