La Voix des Sports - 23/07/2007 |
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Consultant pour la deuxième année consécutive de France Télévisions, l’ancien double vainqueur du Tour (1983, 1984) séduit par son regard décalé – et parfois impertinent – sur la course. Le Parisien, qui jette un regard technique très éclairé, se réjouit de l’incertitude, alors que le peloton traverse les Pyrénées. Et si la course se jouait samedi dans le dernier chrono individuel ?
– Laurent, jusqu’à hier, on avait l’impression que personne ne savait comment s’y prendre pour gagner ce Tour… « C’est le cas parce qu’il n’y avait pas de super favori pour le régenter. Personne ne savait quelle attitude adopter, ce qui pesait sur le comportement des leaders. Et n’oublions pas les chutes de Klöden et de Vinokourov. Ils ont été handicapés pendant plusieurs jours. »
– L’absence d’un patron ne libère donc pas les prétendants ?
« Je n’aime pas vraiment le terme “patron”. Si c’est celui vers qui le peloton doit se tourner pour obtenir l’autorisation de la pause pipi, alors je veux bien… Lance Armstrong pouvait revendiquer ce rôle parce que la régence de son équipe posait un frein sur la course. Lui, il levait le bras et tout le monde s’arrêtait. Vinokourov n’a pas acquis ce statut. Samedi, on pouvait penser qu’il serait la clé de ce milieu de Tour. Hier, il a
craqué tout seul. »
– Que vous a inspiré ce week-end marqué par le chrono disputé autour d’Albi et l’arrivée sur le plateau de Beille ?
« Beille a amélioré la lisibilité de la course. Plusieurs coureurs sont sortis du jeu pour la victoire finale : Moreau, Valverde, Menchov, Vinokourov sont définitivement hors-jeu. Contador et Rasmussen sont les mieux placés, même si deux étapes difficiles sont encore au programme. Leipheimer est là. Evans et Klöden ne sont pas encore définitivement condamnés. »
– Un petit mot sur votre rôle de consultant et sur votre apport dans la lecture de la course…
« J’essaie de scruter ce qui peut échapper sur le coup à l’oeil du téléspectateur. Avec de tels moyens, on n’est pas obligé de meubler lorsqu’une échappée prend du champ jusqu’au dernier kilomètre. On laisse l’essentiel du travail à la moto son pour mieux se consacrer sur l’analyse, le petit événement susceptible de faire la différence. Mon apport est minime : j’ai juste incité le réalisateur, Jean-Maurice Ooghe, à filmer le dernier kilomètre d’un sprint à partir de l’hélicoptère. Ça, c’est nouveau. »
– Comment vous est venue l’idée ?
« Au soir de la victoire obtenue par Fabian Cancellara à Compiègne. De face, on n’a pas trop vu comment le Suisse était revenu de l’arrière. La caméra écrase trop les distances et la vitesse. J’ai demandé à Jean-Maurice si ce souhait était techniquement réalisable. C’est bien de voir le travail des sprinteurs et de leurs équipiers, le mouvement des vagues qui remontent le peloton à l’approche de l’arrivée. On apprécie différemment toute la technique de la course.
Et puis, c’était bien d’avoir des plans aériens de “Vino” après sa chute sur l’étape d’Autun. On a pu juger s’il bluffait ou pas. Et on a vu qu’il était vraiment mal. »















