La Voix du Nord - 24/07/2007 |
![]() |
PHOTOS AFP
À moins d’une défaillance spectaculaire, d’un improbable renversement de situation (on ne jure plus de rien depuis l’année dernière) ou d’une charge de la brigade légère (hier, les douanes ont fouillé plusieurs véhicules d’équipes sur l’autoroute A64 en marge de la course), le Tour ne devrait plus échapper à Michael Rasmussen ou à Alberto Contador.
Loin derrière Alexandre Vinokourov, qui a cueilli hier sa deuxième victoire d’étape après la grosse défaillance concédée la veille sur le col du port de Pailhières puis dans la montée vers le plateau de Beille, les deux principaux animateurs dominicaux ont remis ça sur les derniers lacets de Peyresourde.
Lance Armstrong doit apprécier
Cette fois, personne n’a été en mesure de résister à leur démarrage, ne serait-ce qu’un instant. On était pourtant à moins d’un kilomètre du sommet, là où la pente reprend une accentuation prononcée pour se stabiliser en moyenne à 8,5 %. Pas un problème pour « chicken », ni pour son dernier compagnon espagnol qui porte le maillot blanc du meilleur jeune de ce Tour. Le duo a multiplié les sprints (quatre) pour laisser Evans – le visage en travers – et d’autres courageux sur place. C’est simple, on aurait dit Bip-Bip et le Coyote !
Résultat des courses, les écarts se creusent au classement général dans lequel Valverde disparaît des dix premières places. Ce matin, Evans (3e) pointe à 4’, Leipheimer à 5’25’’, Klöden à 5’34’’ et Sastre à 6’46’’. Tout ce beau monde se reposera aujourd’hui en attendant le dernier volet du triptyque pyrénéen programmé demain entre Orthez et Gourette-l’Aubisque. Certain, on aura encore l’occasion d’halluciner sur les flancs de cette saleté nommée Marie-Blanque (les trois derniers kilomètres à plus de 11 %) comme sur ceux de l’Aubisque où sera jugée l’arrivée !
D’Austin (Texas), le retraité Lance Armstrong doit apprécier. Une bière à la main et le téléphone portable dans l’autre. Rasmussen, il s’en fout un peu. Il l’a bien croisé pendant ses deux derniers Tours (2004, 2005) et il l’a ratatiné comme les autres (le Danois achevant lui même le travail dans le dernier chrono de Saint-Étienne). Contador, c’est autre chose. Une pépite soigneusement couvée dans la maison Discovery (héritière de l’US Postal), cité dans la première liste de l’Affaire Puerto avant d’en être écarté par la justice espagnole. Et c’est peut-être son successeur au moment où il faut trouver un repreneur. Johan Bruyneel est bien content. Il voit revenir l’essaim de journalistes vers son pullman comme aux plus beaux jours : « Alberto nous étonne. Il étonne aussi Lance qui n’a finalement pas prévu de se rendre à Paris mais qui me contacte tous les jours », reconnaît-il.
Une façon de reconnaître définitivement la supériorité de Rasmussen sur ce Tour ? « Le Danois est très fort », admet Bruyneel qui ne croit pas au dernier « chrono » (samedi) pour combler les 2’23’’ de retard.















