La Voix du Nord - 24/07/2007 |
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Marc Madiot et Martial Gayant, c’est le mariage de l’eau et du feu à la tête de La Française des Jeux. Le Mayennais entretient sa réputation du verbe haut. Le Picard ne crève pas autant l’écran. Ce qui ne l’empêche pas d’exprimer le fond de sa pensée.
« On est repartis comme en 1998 », lâche l’adjoint de Madiot. À Loudenvielle, il n’a pas dû être plus rassuré dans les derniers hectomètres de l’ascension du col de Peyresourde. Sur le plan sportif, on voit des choses de plus en plus surprenantes : « Un ami engagé dans l’athlétisme me dit qu’on a de la chance, qu’on n’a pas de record à battre. Mais je constate qu’on a battu celui d’Armstrong dans la montée de Beille (dimanche, 44’08’’ pour Contador contre 45’43’’ pour l’Américain mais Marco Pantani reste le plus rapide en 43’30’’ pendant le Tour… 1998) . C’est toute notre crédibilité qui est entamée. » À en croire la télé qui nous vend l’événement comme un camelot n’ose pas le faire au marché du coin, tout va pour le mieux. On communique sur les audiences, le Maillot jaune monte augustement sur le podium, serre les pognes des notables locaux ravis et n’accepte que les questions « en rapport avec la course ».
« Un monde d’hypocrites »
Gayant renvoie tout le monde dans son coin : « On vit dans un monde d’hypocrites et le Tour n’y échappe pas. Les équipes ont signé une charte sur laquelle les organisateurs ont beaucoup communiqué. On voit aujourd’hui qu’elle ne sert à rien. Sinon, M. De Rooy n’aurait pas sélectionné Rasmussen. La logique du business dépasse toujours celle de l’éthique. »
La question est posée : qui peut sauver le Tour entaché de suspicions ou de faits de dopage avérés depuis plus d’une décennie ? Les équipes, les organisateurs, le pouvoir sportif ? « On ne tire déjà pas dans le même sens », rétorque le Picard désabusé. Le public ? « Il était très nombreux en Angleterre et en Belgique. Depuis qu’on est arrivés en France, on voit surtout les plaques de voitures étrangères au bord des routes. » On peut toujours lui suggérer de « mettre alors la flèche » dans un signe fort. « Ce serait abandonner le Tour aux tricheurs », conclut-il. On a bien compris que ce n’était pas sa volonté. F. R.















