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La Voix du Nord - 25/07/2007
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La Grande Boucle en état de choc !
DOPAGE Alexandre Vinokourov positif à la transfusion sanguine, le Kazakh et toute l’équipe Astana quittent l’épreuve
 Le Kazakh Alexandre Vinokourov a semé le trouble sur le Tour de France, en emmenant l’ensemblede son équipe dans sa chute. Ça n’arrêtera donc jamais ! Rasmussen et ses comportements étranges occupaient le terrain. Alexandre Vinokourov, grand favori de l’épreuve jusqu’à sa chute puis sa défaillance, dimanche à Beille, a quitté le Tour. Le contrôle antidopage pratiqué à l’issue de son chrono victorieux, samedi à Albi, a révélé la présence d’une transfusion sanguine. Son équipe s’est également retirée.

À PAU, PAR FRÉDÉRIC RETSIN
sports@lavoixdunord.fr
PHOTOS AFP



Habituellement, l’hôtel de La Palmeraie respire le calme et la tranquillité. L’endroit idéal ou presque pour une journée de repos, à l’ombre des grands arbres et de quelques colonnades qui masquent difficilement la modernité de l’établissement.


Hier, un coup de massue a pourtant ramené le Tour aux heures sombres de 1998. Peu avant 16 h 45, on apprenait qu’Alexandre Vinokourov était contrôlé positif sur un prélèvement effectué après le contre-la-montre individuel copieusement dominé malgré deux profondes blessures aux genoux, samedi à Albi. Le lendemain, le Kazakh avait subi une grosse défaillance à Beille avant d’enlever une nouvelle étape à Loudenvielle. Il avait souligné l’orgueil et la fierté des gens de son pays qui n’abandonnent jamais. Le résultat de l’échantillon A examiné à Châtenay-Malabry lui répond par des anomalies permettant de conclure à une manipulation sanguine homologue.


« Vino », lui, a déjà quitté l’hôtel depuis un quart d’heure. Des membres de l’encadrement de l’équipe AG2R, qui partagent l’établissement, l’ont vu sortir par l’arrière et rejoindre une voiture banalisée qui l’attendait en bordure du périphérique. Le premier coureur d’Astana a quitté le Tour.


L’ensemble de l’équipe suivra. Colom et Noval s’engouffrent dans un van blanc immatriculé en Espagne et fendent furieusement la meute des médias désormais très imposante. À l’intérieur, des soigneurs pleurent.

« Vino » nie

Sur la terrasse, le directeur sportif Marc Biver, cerné de micros, de caméras, d’appareils photos qui crachent des centaines de flashs, raconte ce que tout le monde sait déjà. Décomposé, laconique. Il dit aussi que son coureur « nie avoir manipulé son sang ». Il précise que Patrice Clerc lui a demandé de retirer l’équipe « pour l’image du Tour ». Biver s’exécute. Un discours qui détonne toutefois dans ce genre de circonstances : « Pour moi, Vinokourov est coupable tant que l’échantillon B ne prouve pas le contraire ». Un journaliste demande : « Était-il un client de Fuentes ? » Biver n’a pas entendu ou n’a pas voulu entendre.


Le coureur a déjà demandé la contre-analyse. Il risque un an de salaire et la fin de sa carrière. Celle-ci s’est peut-être achevée au pas de course sur le talus herbeux d’un hôtel palois. Hier soir, John Gadret ne cachait pas son abattement : « Je suis dégoûté, j’ai failli en pleurer en apprenant que c’était lui. Nous, on fait tout ce qu’il faut pour courir proprement. On va encore se faire traiter de dopés pendant toute l’étape  ».

Le Nordiste ne savait pas encore qu’une vingtaine de membres de la gendarmerie, de la police scientifique et de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (OCLAESP) procédaient à une fouille des chambres et du bus d’Astana. •


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