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La Voix du Nord - 26/07/2007
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Une journée si particulière...
Un généreux soleil inondait Orthez. On allait donner le départ de la seizième étape qui devait mener le peloton jusqu’au sommet de l’Aubisque, mais c’est une nouvelle journée orageuse qu’a traversé le Tour de France et le cyclisme, de plus en plus empêtré dans le cloaque gluant de ses démons. Par la faute de quelques imbéciles qui préfèrent s’en remettre à la solution du suicide collectif.
Le départ en catimini de Vinokourov (merci la journée de repos !) et les démonstrations de quelques phénomènes danois et espagnol (plus c’est pentu, plus ça va vite !) avaient déjà suffi à entretenir le malaise. Un sentiment vite confirmé en tendant l’oreille autour des bus. Le spectre des grands « sitting » de 1998 (pour les raisons inverses cette fois) ressurgissait.

« On en a marre de tout ce qui se passe actuellement », fulminait Sébastien Hinault. « Marre qu’un gars qui manque quatre contrôles nous pourrisse le Tour. On est tous mis dans le même sac. Rasmussen, y a que sa grand-mère pour croire qu’il est propre. S’il est vraiment honnête, il ne devrait même pas prendre le départ. » À 10 h 40, quelques coureurs de la Française des Jeux et Christophe Moreau tentent d’expliquer leur position à Christian Prudhomme et à Jean-François Pescheux. Entre un retrait symbolique des dossards, une envie de s’asseoir sur le bitume pour marquer le coup et un départ retardé, une partie des manifestants opte pour la dernière solution. Avec cinq bonnes minutes de retard sur l’horaire, le directeur de l’épreuve agite le drapeau devant la foule aussi nombreuse qu’incrédule. Rasmussen et les Rabobank embrayent. On voit aussi quelques Italiens, des Espagnols. Le peloton s’élance par grappes. Il reste alors une quarantaine de coureurs pied à terre. Le maillot vert de Tom Boonen est parmi eux. C’est d’ailleurs lui qui donnera le signal du départ des protestataires, une bonne minute plus tard.

Le ras-le-bol

Et puis voilà que la politique s’en mêle. Par la voix de son vice-président, Nikolaï Praskourine, la fédération kazakhe dénonce « un parti pris contre l’équipe » tout en précisant qu’un avocat américain allait être engagé pour défendre ses intérêts. Et enfin l’ETA qui sort de sa trêve : deux engins explosifs de faible puissance sautent sur la route du Tour entre le passage de la caravane publicitaire et celui du peloton, en début d’après-midi sur la commune de Belagua. Pas de blessé, pas de dégât. Comme si il n’y avait pas suffisamment de « bombes » sur la Grande Boucle… Les nerfs sont soumis à rude épreuve. En apprenant le contrôle positif de Moreni, ceux de Jérôme Pineau (Bouygues-Telecom) sont sur le point de lâcher : «  Si j’ai un type comme ça dans mon équipe, je lui mets mon poing dans la g…. » À part ça, Rasmussen s’est imposé, à l’issue d’un nouveau numéro en compagnie de Contador et de Leipheimer dans la dernière étape de montagne. Le Danois compte désormais 3’10’’ sur son adversaire espagnol. On s’en fout. Allez, plus que quatre jours… • F. R.


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