L'actualité sportive :
du :
 
La Voix du Nord - 27/07/2007
Imprimer l'article
C’est la politique du  moindre mal
DIX-SEPTIÈME ÉTAPE
Rasmussen exclu, Alberto Contador a enfilé le maillot Jaune hier  à trois jours de la fin
 Alberto Contador a pris les commandes du Tour de France, que le Danois Rasmussen a été forcéd’abandonner. Le poulet n’est plus un boulet. Dans la nuit de mercredi à jeudi, l’équipe Rabobank a décidé d’éjecter son Maillot jaune et ses mystères du Tour de France. Après avoir mis beaucoup de volonté à manquer quatre contrôles inopinés en moins de dix-huit mois, Michael Rasmussen a enfin été surpris en flagrant délit de mensonge.

À CASTELSARRASIN, PAR FRÉDÉRIC RETSIN
sports@lavoixdunord.fr
PHOTOS AFP

Son employeur le croyait naïvement au Mexique dans les semaines qui ont précédé le Tour. En fait, le Danois s’entraînait à l’abri des regards dans les Dolomites. Au pays de Pinocchio. Ça ne s’invente pas. Le coureur a été confondu par l’ancien professionnel Davide Cassani, consultant pour la RAI (télévision publique italienne) qui a affirmé avoir reconnu Rasmussen en juin. Ce dernier nie.


Depuis hier soir, Contador est le nouveau leader du classement général et ça ne provoque pas davantage d’enthousiasme. L’Espagnol possède 1’53’’ d’avance sur l’Australien Cadel Evans avant le dernier chrono qui sera disputé demain entre Cognac et Angoulême (55 km). Cela relance l’intérêt du classement général, mais qui s’en soucie encore ?
Hier, l’Italien Benatti, échappé dès les premiers kilomètres en compagnie de Fothen (Gerolsteiner), Elminger (AG2R), Voigt (CSC), Millar (Saunier-Duval) et Tossato (Quick Step), a remporté l’étape en réglant ses derniers compagnons au sprint. Bravo à lui. La course continue. Mais les suiveurs ont d’autres soucis. Bien loin de la lutte pour la victoire finale à Paris.
Après l’affaire Puerto, d’autres coureurs ont donc pris la relève pour se moquer du monde. Mercredi, Rasmussen, qui ne craint rien, ni personne, osait même reporter l’hostilité dont il a été l’objet sur Vinokourov : « Son cas a engendré beaucoup de frustration dans le public et elle s’est reportée sur moi. Je comprends mieux ce qu’a vécu Armstrong. » Hier, le Danois, exclu de Rabobank, en a rajouté une couche dans une interview diffusée sur le site internet danois du quotidien BT : « Mon chef est fou. C’est la décision d’un homme désespéré. Je n’étais pas du tout en Italie. Cassani pense m’avoir reconnu mais ce n’était pas moi. » Pendant ce temps-là, Frank Vandenbroucke affirme qu’il peut encore être en mesure « de gagner le Tour ». Que de drames humains ne devons-nous pas côtoyer…

Une fin de Tour peu enthousiasmante

Ce matin, Contador s’élancera de Cahors avec le maillot jaune sur les épaules. C’est un fort, Contador ! Un matador ! Cette année, il s’est emparé avec fougue de Paris-Nice. À 24 ans, il est aussi censé incarner le renouveau du vélo. Un refrain déjà entonné presque dix ans plus tôt. Mais l’Espagnol ne convainc pas. Et pas seulement parce qu’il vient du pays de Fuentes (quatre de ses compatriotes en ont aussi profité pour se glisser maintenant dans les six premières places du général) ! À la télévision, on observe candidement que ce n’est pas la Vuelta. Mais ses références dans les ascensions pyrénéennes, ses réponses sur le tumulte de ces derniers jours (lire ci-dessous) et son appartenance à l’ancienne équipe d’Armstrong, qui traîne quelques casseroles, freinent sérieusement l’enthousiasme. •   Lire aussi en page 32, le Temps fort.


Nos autres sites :