La Voix du Nord - 29/07/2007 |
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Alberto Contador a résisté. Plié sur sa machine, les jambes lancées dans de grands moulinets malgré un style peu académique dans ce genre d’exercice, le Maillot jaune a su préserver sa place en évoluant sur les bases du premier contre-la-montre individuel. Suffisant pour le sacre, cet après-midi à Paris.
À Albi (54 km), il avait concédé 1’14’’ à Cadel Evans, son rival le plus dangereux pour la victoire finale. Hier, entre Cognac et Angoulême, l’Espagnol a déboursé 1’27’’ sur un tracé sans grosse difficulté majeure (55 km). À l’arrivée, il conserve 23’’ d’avance sur l’Australien au général (le deuxième plus petit écart de l’Histoire) et 31’’ sur son équipier Levi Leipheimer qui s’est imposé en Charentes (la plus petite marge entre le premier et le troisième).
Dans la voiture de Johan Bruyneel, Lance Armstrong, qui a finalement fait le voyage, a apprécié : « Il ne m’a rien dit de particulier avant le chrono », assure Contador. « Mais je sentais la voix de Lance derrière moi quand Bruyneel me parlait par l’oreillette. »
Lance n’a peut-être pas fini de causer : il s’apprête à révéler le nom du prochain repreneur de l’équipe. Tout tombe à point !
Hier, le site Internet du quotidien Le Monde est revenu sur le lien entre le successeur d’on ne sait pas encore qui (Floyd Landis n’a toujours pas gagné le Tour 2006) et l’opération Puerto. Le journal a eu accès au dossier d’instruction. Le nom et les initiales du probable vainqueur du Tour apparaissent dans deux documents relatifs « aux activités illicites menées par le docteur Fuentes ».
Selon la Guardia Civil, ces pièces correspondent à la planification de la saison 2005 de l’équipe Liberty-Seguros (dirigée par Manolo Saiz) dans laquelle courait le probable vainqueur du Tour 2007. Mais Le Monde estime que « le rapport d’enquête n’a pas révélé d’annotations mentionnant des produits dopants en face du nom d’Alberto Contador ». Interrogé après la dix-neuvième étape, l’Espagnol répète que l’Union cycliste internationale a rapidement rectifié une erreur d’interprétation en le gommant de la liste des suspects. Un journaliste lui demande alors s’il se sent prêt à fournir son ADN pour lever les doutes : « Ce n’est pas juste, s’il le faut, je n’y vois aucun inconvénient. » Mais pas immédiatement. Alberto réfléchit quand même : « Je suis innocent, je n’ai rien à prouver. À qui dois-je le donner ? À toi ?»
On a vu une meilleure défense. Et un meilleur accueil pour un Maillot jaune. F. R.














