L'actualité sportive :
du :
 
La Voix des Sports - 30/07/2007
Imprimer l'article
Alberto Contador n’était pas attendu au « tournant »
La course
 Evans, Rasmussen, Contador: un podium chamboulé à l’arrivée de l’Aubisque. Paris (envoyé spécial). – Des affaires, quelles affaires ? Hier, les Champs-Élysées ont encore offert leur incomparable écrin pour accueillir la 94e édition d’un Tour de France vérolé dès le départ (souvenez-vous des interrogations réfutées en bloc par Alexandre Vinokourov à Londres) et bousillé en cours de route.
Mais le Tour est bien rentré à la base en déroulant son spectacle. À l’image de cette ultime journée conclue sous un ciel gris et lourd, devant une vraie ferveur populaire, la course est passée entre les gouttes : la pluie a patienté jusqu’à la cérémonie protocolaire, jusqu’à la remise du dernier maillot jaune sur les épaules d’Alberto Contador, fragile lauréat soumis à tous les doutes, à toutes les hypothèses. Comme si l’on avait besoin de rafraîchir encore un peu plus l’atmosphère.
À partir de ce matin, tout le monde va prier pour que les prochains jours ne débouchent pas sur une nouvelle bombe à retardement comme ce fut le cas l’an passé avec l’annonce du contrôle positif de Floyd Landis, quatre jours après son triomphe parisien.
C’est que le Tour est devenu une affaire d’état ! Et la seule visite du président de la République, l’autre jour entre Val d’Isère et Tignes (tiens, tiens c’est là que Michael Rasmussen s’est emparé du maillot jaune) ne suffit pas à l’expliquer. Depuis la double bombe, depuis la révélation du contrôle positif de Vinokourov (transfusion sanguine confirmée samedi par le résultat de la contre-expertise réclamée par le Kazakh) et la fuite du Danois sur lequel les plus larges soupçons se portaient au regard de ses « exploits » faramineux en montagne, c’est à un véritable élan de solidarité nationale qu’on a assisté au bord des routes.
Vainqueur de Paris-Nice, du Tour de Castille et Leon et maintenant du Tour de France dont il porte aussi le maillot blanc du meilleur jeune (ce n’est plus arrivé depuis Jan Ullrich en 1997), Contador est censé représenter la nouvelle génération. Celle en rupture avec l’ancienne école un peu décriée ces derniers temps. Le Madrilène porte beau, c’est un miraculé, il a 24 ans, mais on trouve du monde pour prendre son sacre avec des pincettes. Près du podium protocolaire, il a eu l’occasion de saluer le ministre des Sports de son pays. Sûr qu’ils ont eu des choses à se dire. Sur le dossier Puerto, par exemple.
Dans ces conditions, une partie des suiveurs en était même arrivée à souhaiter le succès final du discret Cadel Evans. Certes, l’Australien n’est pas un grand attaquant, il ne fait pas rêver les foules, mais il a au moins le mérite d’arriver complètement cuit au sommet des cols. Surtout, il ne traîne pas de casseroles bruyantes derrière lui !
Patrice Clerc l’a reconnu, « le Tour arrive à un tournant ». Celui de l’émancipation face à la tutelle de l’Union cycliste internationale n’est pas bien loin. Pour 2008 (la 95e édition s’élancera de Bretagne), l’idée d’un retour aux équipes nationales (ou d’une formule mixte) ressurgit. Comme si changer de maillot délivrait de la tentation… Elle irait surtout dans le sens d’une rupture avec le Pro Tour. Car c’est ce circuit (bancal, il faut bien le reconnaître) qui embête ASO.

F. R.
Photo AFP

Nos autres sites :