La Voix du Nord - 19/07/2007 |
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Cédric Vasseur peut arrêter le vélo demain. Lui qui voulait quitter le cyclisme par la grande porte touche le bonheur grâce à un étroit couloir. Une ligne droite de deux cent mètres, le long des barrières, avalée lors d’un sprint haletant remporté pour cinq centimètres. Dix ans après sa victoire dans la cinquième étape du Tour, qui lui avait valu de porter le maillot jaune pendant cinq jours, le Steenvoordois a remporté l’étape Tallard-Marseille. Grandiose.
PAR OLIVIER PECQUEUX
hazebrouck@lavoixdunord.fr
Les deux bras vers le ciel, le visage fermé, impassible, Cédric Vasseur contient son émotion. Pas pour longtemps. La pression du sprint retombée, le Steenvoordois, souriant, oublie le feu qui lui brûle les cuisses, ne pense plus à ces 229,5 km entre Tallard et Marseille. Il savoure. Sa victoire, sa revanche. Comme un symbole. L’année où tout le monde espère un Tour propre, c’est lui, le « gentleman » comme on l’appelle dans le peloton, le Nordiste, qui offre à la France sa première étape depuis le départ à Londres.
Partir « la tête haute » Une victoire arrachée dans les deux cents derniers mètres, quand les cinq derniers échappés (Vasseur, Casar, Albasini, Halgand et Voigt), au terme de la dernière difficulté, ont compris qu’ils allaient en découdre au sprint. Placé en dernière position, la meilleure, Vasseur a lancé l’offensive. Pour ne plus rien lâcher jusqu’à la ligne d’arrivée, malgré le retour de Sandy Casar.
« Aujourd’hui, je peux quitter le monde du cyclisme la tête haute, lâchait, l’étape à peine terminée, le coureur aux micros de la télévision. Il y a dix ans, c’était exceptionnel, inespéré. Cette année, je voulais une victoire d’étape. Je suis content d’offrir à la France sa première victoire. Hier (mardi) j’ai terminé à 22 minutes du vainqueur. Il faut parfois savoir relâcher en montagne. Je suis heureux, toute ma famille doit l’être aussi. » Son père, Alain Vasseur, ému, a suivi la victoire de Cédric en direct à la télé, depuis son magasin de cycles à Steenvoorde (lire ci-contre).
Dernier Tour À bientôt 37 ans, Cédric Vasseur sait qu’il vit là son dernier Tour de France. Depuis plusieurs mois déjà, il annonce sa retraite imminente. Lui qui aurait tant voulu briller en mai aux Quatre Jours de Dunkerque a fait bien mieux hier. Vainqueur d’une étape de montagne dans la plus prestigieuse course cycliste, Vasseur a rappelé au monde que la Flandre compte encore un champion.















