La Voix du Nord - 05/07/2008 |
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Et bon vent, pour enfin changer d’air
Le départ de la quatre-vingt-quinzième édition de la « Grande Boucle » seradonné aujourd’hui à Brest par Line Renaud
On est donc revenu sur le Tour. Comme Cadel Evans, Alejandro Valverde, Oscar Pereiro, Frank Schleck, Denis Menchov, Carlos Sastre, Laurent Lefèvre, John Gadret et beaucoup d’autres. En revanche, certains sont restés à la maison au nom du principe de précaution ou de la dérive paranoïaque (ça dépend de quel côté on se place) qui ont émergé avec les étouffantes affaires liées au dopage.PHOTO AFP
Les absents. – Les organisateurs se sont volontairement privés des derniers lauréats du maillot jaune (Alberto Contador) et du maillot vert (Tom Boonen). L’Espagnol a été récusé avec toute son équipe (Astana). Le Belge a été écarté après l’annonce de son contrôle positif à la cocaïne au mois de juin. Pour plus d’une raison, c’est un saut dans l’inconnu que le Tour propose à ses participants.
L’ambiance. – Elle n’a jamais été aussi calme depuis très longtemps. En haut de la rade, on était, en tout cas, très loin de la frénésie qui avait accompagné les années Armstrong ou de la folie qui avait précédé le lancement de Strasbourg (2006) dans le sillage de l’affaire Puerto.
L’an passé, les suspicions liées au même dossier s’étaient mêlées à l’accueil spontané des Londoniens. Cette fois, Line Renaud pourra lancer le peloton des cent quatre-vingts concurrents dans une relative sérénité. Comme en 1952 où la chanteuse et comédienne armentiéroise avait lancé Van Steenbergen sur la voie de la première étape (Brest - Rennes) et Coppi sur celle de son deuxième Tour de France.
Le parcours. – Complètement atypique. Depuis qu’il a pris le relais de Jean-Marie Leblanc à la tête de l’épreuve, Christian Prudhomme pose progressivement son empreinte sur le parcours. Il ne veut rien s’interdire dans les limites du raisonnable. La suppression du prologue s’inscrit dans cette réflexion. Contrairement à l’issue de cet exercice réservé à une dizaine de spécialistes, tous les concurrents peuvent rêver du premier maillot jaune. Le patron du Tour veut manifestement porter le vrai champ de bataille sur la montagne. Le premier « chrono » individuel (mercredi, autour de Cholet sur 29 km) ménagera les écarts jusqu’au Massif Central qui se présentera après seulement six jours de course. Prudhomme a aussi limité l’apparition des grands cols (pas plus de trois par étape). La grande journée est programmée au 23 juillet (Galibier, Croix-de-Fer, Alpe-d’Huez). Et si cette édition ordonnait la trame des suivantes ?
Les favoris. – Deuxième en 2007, à seulement vingt-trois secondes de Contador, Cadel Evans a vu beaucoup de monde débarquer dans son hôtel depuis trois jours. L’Australien suit une progression linéaire depuis sa première apparition (huitième en 2005). Il vient « pour gagner », ce qui est toujours la moindre des choses. Mais il n’aura pas d’autre choix que d’attaquer, ce qui a toujours semblé au-dessus de ses forces. Hier matin, Valverde s’est montré prévenant : « Sur ce parcours, on n’aura pas d’autre choix que celui de se découvrir pour espérer remporter le Tour ». L’équipe CSC mise sur un trident (Frank Schleck, Andy Schleck, Carlos Sastre) qui n’est pas sans rappeler celui de T-Mobile en 2003 (Ullrich, Vinokourov, Klöden). Sans la bêtise tactique de ses directeurs sportifs. Parmi les autres candidats au podium : Pereiro, Kirchen et Menchov.
Les Français. – Comme c’est devenu une habitude, ils viseront la victoire d’étape. Cédric Vasseur (à la retraite et devenu le président du syndicat international des coureurs) et Sandy Casar y étaient parvenus en 2007. Sébastien Chavanel (Française des Jeux) et Romain Feillu (Agritubel) constituent les meilleures chances au sprint. Les baroudeurs (Casar, Lefèvre, Fédrigo, Sylvain Chavanel et la quasi-totalité du peloton tricolore engagé) miseront sur une course décousue. Gadret et Di Gregorio sont attendus pour un petit rôle en montagne. À eux de jouer dans un peloton assaini même s’il reste toujours du boulot.












