La Voix du Nord - 16/07/2008 |
![]() |
Hier, les dix-sept équipes de l’UCI Pro Tour présentes à Pau ont fait savoir qu’elles ne renouvelleront pas leur licence, suivant l’exemple donné par Cofidis avant le départ. Elles ont aussi indiqué travailler au développement d’une nouvelle organisation du cyclisme professionnel. Un recul de trente ans dans une ère de totale libéralisation ?
Quelle réflexion pour en arriver là ? – Bloquées dans un système victime de la mésentente entre l’UCI (qui détient le pouvoir disciplinaire) et les grands organisateurs (qui ont l’argent), les équipes sont entrées ouvertement dans le jeu. Elles vont tenter de rallier les responsables d’épreuves (c’est déjà fait pour le Tour des Flandres) et les Fédérations nationales à leur démarche. Un comité de pilotage – cinq membres dont le Français Vincent Lavenu (AG2R) – a été nommé. Il aura la lourde tâche d’élaborer un calendrier définissant les nouvelles règles sportives, financières et disciplinaires. L’UCI n’est pas associée. « Mais la porte reste ouverte », précise Éric Boyer (Cofidis).
Quelle hiérarchie ? – En théorie, elle n’existe plus. Les organisateurs seraient libres de leurs invitations même si des règles resteraient à respecter : 75 %, au minimum, de formations « ex-Pro Tour » pour les grands Tours et les classiques, 50 % sur les autres courses.
Après, c’est évolutif. Les équipes n’auraient pas l’obligation de participer aux trois grands Tours nationaux. Mais, par exemple, rien n’empêcherait Roubaix Lille Métropole de courir Paris-Roubaix.
La lutte contre le dopage ? – En l’état actuel des choses, ce circuit partirait sans l’aval du passeport sanguin (financé par les équipes, les Fédérations, les organisateurs et les primes des coureurs) qui reste la propriété de l’UCI. Sans la collaboration de celle-ci, c’est l’Agence mondiale antidopage qui peut être sollicitée par les partisans de cette refonte. « C’est un acte collectif qui démontre une vraie force de décision de la part des équipes », souligne Boyer. Prudent, le manageur de Cofidis rappelle aussi que les signatures n’ont pas toujours été respectées dans le passé. F. R.













