La Voix du Nord - 17/07/2008 |
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Tiens, le temps se couvre

Moïses Duenas n’a pas pris le départ de la onzième étape. Rattrapé par un contrôle positif à l’EPO au soir de la quatrième étape (à Cholet, contre la montre), il a été alerté par les inspecteurs de l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) puis cueilli par les gendarmes à son hôtel.
À FOIX, PAR FRÉDÉRIC RETSIN
PHOTOS EPA ET AFP
Hier matin, on s’est pressé comme un soir de braderie de Lille derrière le bus de l’équipe Barloworld. Quelques heures plus tôt, les inspecteurs de l’Office centrale de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (OCLAESP), appuyés par des éléments de la section de recherche de Toulouse, étaient venus vérifier la qualité du petit déjeuner de l’Espagnol. Peu avant neuf heures, ils se sont dirigés dans sa chambre pour une perquisition à l’issue de laquelle ils auraient découvert des substances interdites (c’est le site de Barloworld qui l’annonce). Les enquêteurs, qui ne confirment pas cette information, ont aussi passé les véhicules de l’équipe au peigne fin. Sans résultat.
L’Espagnol, qui avait enlevé le Tour de l’Avenir en 2006, occupait alors la dix-neuvième place du classement général (à 6’43’’ d’Evans). Il a été retiré de l’épreuve. La semaine dernière, il avait fini sur les talons de Ricco à Super-Besse (septième). Dimanche, il s’était encore montré à son avantage sur les hauteurs de Hautacam (onzième). C’est là que ça se corse.
Contrairement au cas Beltran (37 ans), la thèse du vieux dopé « qui n’a connu que ça » ne tient plus. Du coup, c’est celle du cas isolé (air connu) qui est retenue. Il faut dire que Duenas (27 ans), mis en garde à vue et entendu jusqu’en fin d’après-midi à la gendarmerie de Tarbes, a mis un sacré coup de pied aux fesses de la génération supposée à l’abri des pratiques assimilées par les anciens. L’AFLD bombe le torse et justifie du même coup les subventions qui alimentent son fonctionnement : voilà deux Espagnols pris la main dans le sac avec le même produit. Taïaut ! Pat McQuaid, président d’une Union cycliste internationale en déconfiture, fronce les sourcils et montre qu’il existe encore : « Il y a du laxisme en Espagne », a-t-il tonné. Depuis le temps qu’il attend une accélération dans le dossier Puerto…
Pas (encore) de grande lessive
On en revient maintenant à la franche partie de rigolade. Pour montrer à quel point le cyclisme peut être taquin. Alberto Volpi (directeur sportif de Barloworld), hier : « Toute l’équipe est choquée, les autres coureurs et le médecin n’ont rien à voir avec lui. C’est vrai qu’il m’a un peu surpris en montagne. » Claudio Corti (manageur général de la formation sud-africaine), au soir d’Hautacam : « On est très content pour Moïses, il a montré qu’il pouvait rester avec les plus forts en montagne et suivre leur rythme. C’est le résultat de l’excellent travail qu’il a fait pour préparer le Tour. » On a les zygomatiques qui coincent !
Pour commenter cette actualité brûlante, le discret Christian Prudhomme a laconiquement lu un court communiqué résumant la situation. Le patron a des gerçures aux lèvres ! Il avait pourtant cassé la vaisselle l’an passé, mais il préfère sortir les assiettes en cartons et les couverts en plastique pour cette fois. Ça fait toujours moins de bruit. À Foix, l’étape de transition est revenue au Norvégien Arvesen (CSC). Le maillot jaune est resté sur les épaules d’Evans. Mais ce n’était pas franchement le sujet de conversation du jour.













