La Voix du Nord - 20/07/2008 |
![]() |
Oscar Freire, vainqueur de la 14e étape samedi, est un Espagnol atypique : trois fois sacré champion du monde en rouge et jaune, il court avec le maillot vert pour une équipe « orange ».
Être membre d’une formation néerlandaise, c’est déjà dépaysant pour un cycliste espagnol. Plutôt casaniers quand il s’agit de vélo, les Ibériques acceptent parfois d’aller en Italie ou en France, pas plus loin. Alors un Cantabrique chez les Néerlandais, maillot vert sur le dos, on parle presque d’un extra-terrestre.
Oscar Freire, 32 ans, est plutôt du genre à ne pas voir Paris (trois abandons en quatre participations), mais la tunique verte le transcendera peut-être. Révélé au monde du vélo dans la surprise de sa victoire aux Mondiaux en 1999, le sprinteur de Torrelavega a depuis laissé son nom sur d’autres trophées : Milan - San Remo en 2004 et 2007, Gand - Wevelgem en 2008, six étapes de la Vuelta, quatre au Tour de France, championnat du monde, encore, en 2001 et 2004.
Quand ses problèmes de dos le laissent tranquille, Freire – qui n’est pas un pur sprinteur de plat, comme Cavendish – peut battre n’importe qui dans un final en côte ou en montée. Plein de sang-froid, il a l’art de se placer son mètre 71 et ses 63 kg dans la meute. Un vrai passe-partout du bitume !
Résident suisse, dans le Tessin, près de la frontière avec l’Italie, où il vit avec sa femme Laura et leur fils Marcos, « Freire fait désormais partie de la famille Rabobank », assure Erik Breukink, directeur sportif des « orange », qui l’a fait rempiler pour deux années supplémentaires.
« Cela fait cinq ans qu’il est chez nous, poursuit-il. À l’époque, il ne voulait pas courir pour une équipe espagnole, il aime trop les classiques, il aime la manière de faire du vélo à la néerlandaise et à la belge. Sur le vélo, il n’est peut-être pas espagnol mais dans la vie normale, il l’est quand même. »













