La Voix du Nord - 22/07/2008 |
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Ce n’est plus le Tour de France. C’est une échoppe dans laquelle on se bouscule. Six candidats se tiennent désormais en quarante-neuf secondes !
Le scénario ravit Christian Prudhomme qui ne va même pas jusqu’à parier sur le nom du vainqueur à la sortie de la trilogie Galibier - Croix-de-Fer - Alpe-d’Huez programmée demain. Le patron de la course, qui avait sorti un parcours atypique de son chapeau magique, est servi.
À CUENO, PAR FRÉDÉRIC RETSIN
sports@lavoixdunord.fr
PHOTO AFP
On ne peut pourtant pas dire que ce Tour s’impose comme celui des grands attaquants. Ce qui ressemble déjà à un début de réponse pour expliquer la faible marge qui sépare ses principaux acteurs en haut du classement général. Même à la période des soldes, on compte au plus juste. Et il faut faire sans les bonifications. Avant, l’unité de mesure s’établissait en minutes. Et on ne vous parle même pas de la période préhistorique où l’on devait attendre des heures entre le vainqueur et son suivant. Tant mieux pour le suspense.
Dimanche, Frank Schleck a donc dépossédé Cadel Evans de son maillot jaune sans mettre pour autant l’Australien hors du coup. Le Luxembourgeois s’est offert une nouvelle rasade de vin. Ça nous ramène au temps du jaune d’oeuf-porto. Il a aussi découvert des messages du Grand-Duc et du ministre Jean Asselborn parmi la centaine d’encouragements envoyés sur son téléphone portable. C’est toujours bon pour le moral. D’autant qu’il jouera peut-être une partie de son avenir dans la course dès aujourd’hui sur les cols de la Lombarde (2 351 m) et de la Bonette-Restefond (2 802 m) où la descente très technique (vingt-trois kilomètres jusqu’à Jauziers) se présentera comme un écueil beaucoup plus épineux pour le Maillot jaune que les vingt-neuf bornes d’ascensions.
« C’est qu’il faudra d’abord grimper sans se mettre dans le rouge, puis il faudra faire preuve de lucidité à une altitude inhabituelle où le manque d’oxygène peut se faire ressentir », plaide Amaël Moinard (Cofidis), vingtième et meilleur Français du Tour.
Le grand plongeon à tombeau ouvert ne convient pas vraiment à Schleck depuis la gamelle ramassée le mois dernier au Tour de Suisse. Et pourtant, le Maillot jaune sera condamné à attaquer s’il veut se garantir d’une avance suffisante pour négocier favorablement le dernier contre-la-montre (un exercice dans lequel il a déjà montré ses limites à Cholet) tracé samedi entre Cérilly et Saint-Amand-Montrond (53 km). Tapis dans l’ombre, Kohl, Evans, Menchov, Vande Velde et même Sastre n’attendent que la faute.
Des fissures à la CSC ?
Il faut dire que l’Espagnol, qui est aussi l’équipier du leader du classement général, est un petit peu énervé malgré la belle unité soulignée par ses dirigeants après la démonstration collective réussie à Prato Nevoso. Hier, jour de repos à Cuneo, Andy Schleck a réaffirmé : « On court agressif ». Sastre le sait. Il a même failli le payer dimanche sous les accélérations du petit frère luxembourgeois. Y aurait-il donc des fissures sous le plancher de la maison CSC ? C’est Andy qui le dit : « Je roule toujours plus fort quand je dois le faire pour Frank ».
Hier encore, Frank a ajouté : « Liège-Bastogne-Liège était un bon souvenir pour nous deux. Dimanche, il y avait un troisième copain. » L’Espagnol, troisième du Tour en 2006 après le déclassement de Landis, a apprécié. Il se sait l’un des plus forts du peloton lorsque la dernière semaine se présente. Mais c’est plus fort que lui : en désignant les frères Schleck, il les a situés « un peu à part dans l’équipe, constamment dans leur bulle ».
Abondance de biens peut-elle nuire ?













