La Voix du Nord - 23/07/2008 |
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RENCONTRE
Un Dourgeois décalé assure la « com » d’Evans
L’ancien Maillot jaune, Cadel Evans, a donné une conférence de presse détonante lors de la première journée de repos. C’est un Artésien qui est derrière le plan de communication du coureur australien sur toute la durée du Tour : Daniel Borowczak.
Tout le monde le connaît comme le loup blanc dans la caravane. Il est arrivé en 2002, Richard Virenque était encore coureur et Marc Coucke (le patron de l’équipe qui a embauché Cadel Evans) avait alors engagé son entreprise en partenariat avec la Quick Step de Patrick Lefevere. Puis Coucke a voulu sa propre structure. « Boro », comme tout le monde l’appelle, a joué les intermédiaires en présentant le grand patron belge coté au Bel 20 (l’équivalent du CAC 40 à la bourse de Bruxelles) à Jean-Marie Leblanc. Six ans plus tard, Coucke n’a pas oublié.
« Ne pas se prendre au sérieux »
Dès la fin du Tour 2007, il est conscient qu’Evans sera capable de prendre le maillot jaune cette année. L’impression se confirme lorsque l’organisation décide de récuser Astana. La communication est un plan incontournable sur la course. Surtout si l’on s’attend à jouer les premiers rôles.
Borowczak (50 ans), qui a longtemps traîné dans le show-biz, monté quelques groupes de rock et organisé plusieurs concerts dans la région, s’est passionné pour le cyclisme depuis que Jean Stablinski lui avait jeté un bidon du côté de Noyelles-Godault. « J’avais inscrit son nom au stylo dessus, le lendemain tous mes copains se foutaient de moi mais je tenais l’objet d’un champion du monde. Plus tard, j’ai eu la chance d’être son ami. » C’est qu’il en revendique beaucoup. Au hasard : Martel, Nono, Didier Wampas, Sanseverino, Michael Jones.
Mardi dernier, la prise de pouvoir manifestée par Evans lui a permis de réaliser un premier coup fumant dans la bulle du Tour : « La veille, j’avais demandé à Cadel quels étaient ses groupes et ses airs de musique préférés », raconte malicieusement le Nordiste. « À son arrivée, on a balancé Midnight Oil dans les enceintes et Cadel s’est pointé flanqué de ma fille qui le protégeait du soleil avec un parapluie. Il ne faut pas se prendre au sérieux, mais il n’y a rien d’irrespectueux. Je n’ai eu qu’une crainte : avec cette foule, l’effet serait tombé à l’eau si quelqu’un avait arraché un fil en le piétinant. J’aurais eu l’air malin. Si on peut changer l’image du vélo pendant le Tour… »
Il faut croire que le concept a plu : au coureur, aux directeurs sportifs qui se sont bien amusés, à Marc Coucke (« le Tour doit être une fête permanente ») et jusqu’au garde du corps qui en a vu d’autres du temps où il collait aux roues d’un Texan bien moins sympa (« Du temps d’Armstrong, on n’aurait jamais vu cela », jure Serge Borlée). « Boro » a d’autres surprises dans sa musette. À Paris, c’est une soirée blanche qui sera prévue. Comme chez Eddie Barclay. Le Dourgeois s’y voit déjà avec l’aide de son complice Arnaud Delbarre : « On a prévu de louer des limousines et une escorte de Harley-Davidson pour faire le tour de la capitale dans la soirée. Puis on s’arrêtera devant l’Olympia où un message sera spécialement affiché sur le fronton pour Cadel. »













