La Voix du Nord - 24/07/2008 |
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DIX-SEPTIÈME ÉTAPE
Deuxième cartouche de CSC, Carlos Sastre s’impose en solitaire à l’Alpe-d’Huez et s’empare du maillot jaune
Si l’on se réfère à l’avis quasi général, Cadel Evans a pratiquement gagné en ayant concédé hier deux minutes et quinze secondes sur Carlos Sastre qui s’est dégagé autoritairement au pied des vingt et un virages et en a profité pour prendre la tête du classement général. La marge de ce dernier reste étroite. Son équipe devra encore mettre le feu dans l’étape piégeuse qui se conclut tout à l’heure à Saint-Étienne.sport@lavoixdunord.fr PHOTOS AFP ET EPA
C’est seulement quelques hectomètres après le pied de la montée de l’Alpe-d’Huez que Sastre a décidé de s’émanciper d’une tutelle qui commençait à lui peser depuis plusieurs jours. Le Madrilène, que l’on présente souvent comme un garçon pondéré et très poli, a cependant tenu à marquer son éducation jusqu’au bout des cale-pieds. « Je me sentais très bien et j’ai dit à Frank (Schleck) que je voulais y aller », a-t-il expliqué en soulignant la solidarité de ses équipiers qu’on peut pour le moins résumer à celle de l’aîné des frangins luxembourgeois. « Mais sans leur aide, tout ceci n’aurait pas été possible », a-t-il encore répété.
Le nouveau Maillot jaune est parti de très loin. Mais il n’avait pas le choix. Un peu plus tôt, l’ensemble des CSC avait encore passé la plus grosse partie du peloton à la lessiveuse avant l’explication finale. « J’ai vu que tout le monde était déjà très fatigué par leur travail et j’ai pensé que c’était la meilleure façon de gagner des minutes en partant de si loin », a résumé Sastre. « Et j’arrive mieux à gérer mes efforts en étant seul plutôt qu’en répondant aux accélérations dans un petit groupe. Je ne voulais pas donner la possibilité à mes adversaires d’imposer leur rythme. » De ce fait, l’écart entre l’Espagnol et le groupe principal (Frank et Andy Schleck, Kohl, Evans, Menchov, Vande Velde, Efimkin, Valverde) n’a jamais cessé d’augmenter régulièrement : 1’25’’ à six kilomètres de l’arrivée, 1’50’’ à cinq kilomètres, 2’07’’ à quatre kilomètres, 2’27’’ sous la flamme rouge.
L’autre enseignement de cette étape nous ramène à la fatigue générale des cadors et au sang-froid d’Evans. D’un côté, on a bien compris que ni Kohl, ni Menchov, ni Frank Schleck ont été en mesure de passer la vitesse supérieure malgré de courtes accélérations désordonnées. Ensuite, il faut bien reconnaître que l’Australien, a présenté un numéro d’équilibriste peu spectaculaire mais qui lui garantit toutes ses chances de remporter le Tour. Dans un premier temps, il s’est seulement occupé de maintenir raisonnablement l’écart, dans un style peu académique et sans ménagement pour sa machine, avant de produire son effort à trois bornes de l’Alpe-d’Huez, dans un contre-la-montre avant l’heure.
Cadel Evans en gestionnaire
« Ce tempo lui a permis de ne pas se mettre dans le rouge, ce qui aurait été une catastrophe pour lui face à une telle adversité », apprécie Cyrille Guimard. « Après son effort, Evans a repris quinze secondes à Sastre qu’il ne juge pas le plus dangereux au classement général », poursuit le directeur sportif roubaisien. « Il n’aurait pas repris autant de temps s’il s’était découvert plus tôt. Il n’avait pas d’autre choix. » On saura vite si c’était le bon pari. Se projeter sur le « chrono » de samedi (53 km entre Cérilly et Saint-Amand-Montrond), c’est désigner l’Australien comme le prochain vainqueur du Tour. À Cholet, il avait pris 1’16’’ sur Sastre, 1’20’’ sur Kohl et 1’47’’ sur Frank Schleck. L’an passé, dans le dernier « chrono » d’Angoulême (55,5 km) plus proche de ce qui sera proposé samedi, les écarts étaient respectivement montés à 2’33’’ sur l’Espagnol, 3’47’’ sur l’Autrichien et 4’27’’ sur le Luxembourgeois. Mais en cette troisième semaine, les corps sont plus marqués que les années précédentes.













