La Voix du Nord - 25/07/2008 |
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ANIMÉ
Pas de changement en tête du général après une étape marquée par l’interpellation du père Schleck et un drôle de remue-ménage chez Cofidis
Carlos Sastre a passé une journée tranquille mais pas forcément reposante au lendemain de sa démonstration à l’Alpe-d’Huez. En marge de la course, la voiture du père de Frank et Andy Schleck a été « visitée » par les services douaniers. Et le départ de Sylvain Chavanel ravive les tensions chez Cofidis.PHOTOS AFP
Hier, c’était une journée « portes ouvertes ». Markus Burghardt en a profité sans que le Maillot jaune n’y trouve à redire.
L’Allemand, lauréat de Gand-Wevelgem en 2007 et contrarié dans son début de saison par une blessure au genou droit, avait une forte envie de prendre la clé des champs. On l’a senti dès le deuxième kilomètre lorsqu’une première tentative en compagnie de Pozzato, Lang, Bichot, Schröder, Augé et Monfort s’est dessinée. Mais Burghardt est un obstiné. Kilomètre 68, Barredo décide à son tour de prendre la tangente. Le coureur de Columbia sent la bonne affaire, intègre un groupe de contre qu’il finit par distancer pour revenir en tête de la course et s’imposer dans un sprint à deux. « J’ai fait beaucoup de piste et ça m’a servi au moment de conclure », a-t-il commenté pour que l’Espagnol comprenne bien à qui il avait affaire.
Ce premier volet de la remontée vers Paris après trois étapes alpestres épuisantes sentait bon la balade. Manque de pot, c’était aussi le jour choisi par la direction des douanes pour mener une opération pompeusement qualifiée de « contrôles d’initiative à la recherche de produits dopants sur le Tour de France ». Tout un programme.
Là-dessus, les pandores se sont installés à une trentaine de bornes de Bourg-d’Oisans. La première voiture qu’ils ont arrêtée est celle d’un ancien journaliste luxembourgeois, copain de la famille Schleck. La deuxième est celle de Johnny, le père des terribles frangins. Du hasard. D’autant que les deux coureurs sont particulièrement ciblés par les fonctionnaires de l’Agence française de lutte contre le dopage. La fouille des véhicules, menée à l’écart, ne donne rien. L’ancien journaliste a déclaré des pilules pour sa tension. Papa Schleck traînait bien de l’Aspégic et du Voltaren pour ses genoux fatigués. Les forces de l’ordre leur ont souhaité bonne route. Puis, l’adjudant-chef Gerber a passé un savon au maréchal des logis Cruchot.
Chez Cofidis, ça bout aussi. La formation nordiste a animé le Tour de ses nombreuses échappées, a remporté une étape (Dumoulin) et réalise sans doute sa meilleure Grande Boucle depuis des lustres. Mais mercredi soir, Sylvain Chavanel a filé tout droit dans l’hôtel des Quick Step pour signer un contrat qui le lie à l’équipe italo-belge à partir de 2009. Le Français – qui est le premier à rejoindre l’armada de Boonen depuis Cédric Vasseur –, lauréat de la Flèche brabançonne et d’À travers la Flandre cette année, ne cache pas sa satisfaction d’arriver prochainement « dans la meilleure formation pour espérer gagner des classiques ». Il pourrait être accompagné de Jérôme Pineau (Bouygues-Telecom).
Dans les rouages de l’équipe nordiste, on tire plutôt une drôle de tête. Après Nuyens (Rabobank), De Weert (Quick Step) et probablement Duque (Rabobank), ce sont toutes les forces vives qu’on est en train de vider. Pour l’instant, Cofidis tente de mettre le couvercle au-dessus de la cocotte. Mais celle-ci s’agite fortement. Touché par les critiques d’Éric Boyer qui lui reproche un manque de résultats pendant les deux dernières années marquées par des blessures, David Moncoutié (figure historique présente depuis la création de l’effectif) accentue la pression : « Il y a quelque chose de cassé avec lui. On m’a enterré un peu vite. J’ai reçu le soutien de toute l’équipe et de Van Londersele en particulier. J’ai envie de prolonger ma carrière d’un an, mais pas avec Boyer dans l’équipe. » Déjà fragilisée par la réduction de la voilure annoncée avant le début du Tour, Cofidis risque de souffrir encore d’un manque de lisibilité stratégique. Et les autres ne vont pas s’en priver.













