La Voix du Nord - 26/07/2008 |
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Carlos Sastre, Frank Schleck (2e à 1’24’’), Bernhard Kohl (3e à 1’33’’), Cadel Evans (4e à 1’34’’) et Denis Menchov (5 e à 2’39’’) vont se disputer le quatre-vingt-quinzième Tour de France, cet après-midi sur les 53 km tracés entre Cérilly et Saint-Amand-Montrond. Mais c’est le duel entre l’Espagnol et l’Australien qui retiendra l’attention.PHOTOS EPA
Ce sera dans toutes les gazettes de ce matin : Sylvain Chavanel a donc offert un beau cadeau à Cofidis en remportant la dix-septième étape à Montluçon. Hier, le Châtelleraudais a déniché la plus grosse boîte, récupéré le plus beau papier (celui tout doré avec des paillettes), choisi le plus gros noeud et écrit un petit mot à l’intérieur : « J’me casse. Sans rancune ». En 2009, il ira gagner des classiques auprès de Tom Boonen.
Plus concrètement, le coureur de l’équipe nordiste a pris la clé des champs à cent soixante-cinq kilomètres de Montluçon. Dans un premier temps, il a été rejoint par le peloton. Chavanel a insisté en compagnie de Roy (« FDJ »). Le reste de la troupe, qui n’y a pas cru tout de suite, s’en est trouvé fort marri à l’arrivée. Jusque-là, le Français avait souvent pris la fâcheuse habitude de se mélanger les pédales au moment de conclure sur le Tour. Rien qu’en évoquant sa fin d’étape manquée à Montélimar (2006), c’est toute la caravane qui se marrait les mains sur les cocottes. Cette fois, il en a profité pour cueillir sa septième victoire de la saison, passer en tête du classement des baroudeurs (415 km cumulés sur l’ensemble du Tour) et filer très certainement vers le vélo d’or français à la fin de l’année. Non sans avoir « un peu douté » comme il l’a confié à l’arrivée. Chez Cofidis, où l’on sait aussi s’amuser comme dans un train de bidasses en folie malgré de fragiles équilibres sur l’avenir, on cherche un coiffeur pour mettre « la boule à zéro » à Francis Van Londersele.
Loin de ces gamineries de chambrée, c’est le sort du Tour qui va se jouer tout à l’heure. Quadruple champion de France dans cet exercice, Eddy Seigneur a une façon bien à lui de résumer un contre-la-montre à ce niveau : « On part à bloc. Ensuite, on ne peut que perdre de la vitesse au fil du parcours. C’est quasiment impossible d’accélérer de deux à trois kilomètres à l’heure sur la durée. » La loi de la gravitation universelle à l’horizontale, en quelque sorte.
« Ça devrait passer »
La journée d’un prétendant à la victoire dans le Tour commence donc comme un rite : lever au son du cor, café - journaux - corn flakes, puis première reconnaissance à vélo (entre le passage de la caravane publicitaire et le départ du premier coureur, si possible) des 53 kilomètres (en légère descente sur les trois-quarts du parcours, plus bosselé dans les quinze dernières bornes). Hendrik Redant, l’un des directeurs sportifs d’Evans, appelle ça « un réveil musculaire ». Chez Bjarne Riis, le manageur du Maillot jaune Carlos Sastre, le programme n’est guère différent. Mais en Danois, c’est imprononçable.
L’Australien – Kohl et Frank Schleck comptent visiblement pour du beurre – s’élancera neuf minutes avant l’Espagnol. Le détail peut compter pour le leader du Tour qui bénéficiera des temps de référence de son principal adversaire. Evans a tout fait pour en arriver là. Ce qui n’améliorera pas sa réputation – exagérée – de « suceur de roues ». « Il doit reprendre quatre-vingt-quinze secondes, ça devrait passer », estime encore Redant qui n’y met pourtant pas sa main à couper. Seigneur a noté que l’Australien « a fini très marqué par l’effort au sommet de l’Alpe-d’Huez ». Le Picard souligne également que l’Espagnol « est resté très tranquille avant de se découvrir dans les derniers jours ».
Et si c’était la clé du duel qui les attend cet après-midi ?













