La Voix des Sports - 28/07/2008 |
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Les mentalités changent aussi en Italie. A Cuneo, Carmino Castellani, n’a montré aucune réserve au moment de commenter le cas Ricco : « Il nous a fait beaucoup de mal, il ne devrait plus être autorisé à remonter sur le vélo en compétition. »
Le grimpeur transalpin avait pourtant pris la deuxième place du Giro 2008… L’ancien directeur de l’épreuve, dont la voix reste encore très écoutée dans son pays, en appelle à une lutte sans merci contre les tricheurs, mais plutôt dans le cadre d’un organe supranational qui appellerait l’implication de la Communauté européenne : « Le ciblage mis en place sur le Tour apparaît comme une solution provisoire, dit-il. Ces contrôles peuvent être également appliqués au Giro, mais qu’en est-il en Australie, aux Etats-Unis ou dans les pays comme l’Espagne, où la législation me semble moins répressive ? Ce n’est plus à l’UCI, aux fédérations, à ASO ou à la Gazzetta dello sport de gérer les problèmes de dopage. On a besoin d’un organisme indépendant à l’échelle européenne. » En cela, Castellani rejoint l’analyse de Christophe Brissoneau, un sociologue du Centre national de recherche, qui démontre que la loi antidopage promulguée dans tous les pays diffère considérablement. « Dans certains états, le sport pro est considéré comme une activité économique gérée par le privé. »
Donc, peu ou pas de contrôles. Notamment dans le foot.
Castellani poursuit : « L’AMA (NDLR : dont on nous a pourtant vanté cette qualité à sa création) possède la légitimité, mais elle devrait s’imposer dans tous les sports. Ça fait trop longtemps qu’on traîne avec cela. Mais je vais suivre attentivement le déroulement des contrôles autour des Jeux Olympiques. L’AMA va les gérer. Mais je doute qu’on lève du gros gibier. L’AMA est encore trop proche du CIO, qui peut craindre un déficit d’image. »













