L'actualité sportive :
du :
 
La Voix des Sports - 28/07/2008
Imprimer l'article
Carlos Sastre : « Heureux, fier et serein »
Le vainqueur

 Sastre a immédiatement dédié sa victoire à son beau-frère, José-Maria Jimenez, décédé en 2003. Carlos Sastre n’a pas fêté son maillot jaune dans l’exubérance. Pas de limousine, pas de motos, pas de traversée de Paris en grandes pompes. C’est en famille qu’il a savouré hier sa victoire dans le Tour de France. L’Espagnol, qui a passé une bonne partie de sa carrière au service des autres, a pu compter sur la puissance et le sacrifice de ses équipiers. Des frères Schleck, notamment. À 33 ans, il s’offre une drôle de consécration sur une seule attaque, à l’Alpe d’Huez.


– Carlos, pouvez-vous décrire votre sentiment lorsque vous avez compris que vous aviez gagné ?
« Porter le maillot jaune était un rêve d’enfant. Celui que j’avais lorsque je suis monté pour la première fois sur le vélo. J’ai pensé à tout cela. Aujourd’hui, je suis heureux, fier et serein. Mais je sais aussi qui je suis, comment je suis et je n’oublie pas tous les sacrifices qu’il m’a fallu accomplir pour en arriver là. »

 

– Avez-vous réalisé un dernier contre-la-montre extraordinaire ou Evans n’était-il pas à la hauteur ?
« Je ne sais pas. Peut-être un peu des deux, même si j’avais vraiment mis toutes les chances de mon côté. Je savais que je pouvais compter sur les temps de passage établis par Cancellara. Je pouvais aussi me repérer à ceux de mes principaux concurrents qui partaient tous avant moi. C’était important. Mais j’ai aussi beaucoup souffert pendant ces 53 kilomètres. »

 

– Que signifiaient votre signe de croix et ce geste (le doigt pointé vers le ciel) à l’issue de votre chrono ?
« C’était destiné à mon beau-frère, José-Maria “El Chava” Jimenez (le grimpeur espagnol, lauréat de neuf étapes sur la Vuelta, qui a arrêté sa carrière en 2001 avant de plonger dans une profonde dépression et de décéder d’une crise cardiaque le 6 décembre 2003). Nous avons tout partagé ensemble. Je prie toujours pour lui. Je sais qu’il voulait être avec moi. Nous partagions les mêmes aspirations. J’ai gagné pour lui. »

 

– Quels ont été les passages les plus importants de votre succès ?
« Plus qu’un moment de la course, c’est la confiance de Bjarne Riis et celle de tous les membres de l’encadrement et de mes équipiers qui m’a permis de toujours avancer avec sérénité et tranquillité. Mes partenaires ont donné mille pour cent. Cancellara, O’Grady et les frères Schleck ont sacrifié des victoires d’étapes pour me protéger pendant ces trois semaines. Je n’ai pas beaucoup parlé, mais je les ai écoutés. Quand je leur demandais quelque chose, j’étais certain qu’ils pouvaient le faire. Quand j’ai demandé à Fabian (Cancellara) de tout donner encore dans le dernier contre-la-montre, je savais que je pouvais encore compter sur lui. La solidarité fait notre force, la confiance est mutuelle. »

 

– Pensiez-vous avoir une chance de gagner le Tour au départ de Brest ?
« Disons que j’étais arrivé avec une grosse motivation. J’étais frais comme jamais auparavant. Pendant ces trois semaines, j’ai eu la possibilité de gérer tranquillement la situation de course. Toujours en retrait, ce qui m’a permis de porter mon effort et de gagner à la fin. »

 

– Quels sont les leaders qui vous ont le plus inspiré ?
« Incontestablement, c’est Laurent Jalabert (à ses débuts dans l’équipe Once, alors dirigée par Manolo Saiz). Nous avons couru pendant trois ans ensemble puisque je l’ai suivi chez CSC. Physiquement, il m’impressionnait. C’est un très grand sportif et une personne aux qualités humaines incroyables. Il a su me rendre serein sur le vélo. Il m’a transmis l’idée que le cyclisme n’était pas seulement un métier, mais aussi un plaisir. »

 

– Êtes-vous encore en contacts avec Saiz ?
« Non, nos chemins se sont séparés. Je n’en ai plus beaucoup. Mais j’aime parler de lui parce qu’il m’a appris à souffrir aux entraînements. Être un bon professionnel. Tout simplement. J’ai quitté l’équipe Once parce que je n’avais pas l’opportunité de travailler pour moi. Saiz avait dix ans d’avance sur tout le monde. Il dessinait des méthodes d’entraînement que d’autres équipes n’ont pas encore exploitées. Après, je ne veux pas juger ce qu’il a fait de bien ou de mal. »


Propos recueillis par Frédéric RETSIN
Photo AFP

Championnat L1

Samedi 22 novembre

> VAFC - SOCHAUX

(19 h)

Nos autres sites :

Petites annonces en Nord - Pas-de-Calais Annonces Emploi en Nord - Pas-de-Calais Annonces Automobiles en Nord - Pas-de-Calais Immobilier en Nord - Pas-de-Calais