La Voix du Nord - 25/11/2006 |
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Régis D., la quarantaine, résidant près d’Armentières, supporte le LOSC depuis plus de vingt-cinq ans. Enregistré dans aucune section officielle, il va, dès que son emploi du temps le lui permet, encourager son équipe en France et en Europe. Pour lui, le sentiment d’insécurité n’est pas plus présent à Paris qu’ailleurs.
Personnellement, j’ai moins peur quand je vais à Paris qu’à Lens. Dès l’âge de 15 ans, on m’avait mis une claque et volé mon écharpe ! Depuis, j’y retourne chaque saison dans différentes tribunes et il est rare que je ne me fasse pas insulter ou cracher dessus.
J’y étais encore mardi pour le match de Ligue des champions contre Anderlecht et je dois dire que je n’ai pas été rassuré. Des amis se sont d’abord fait charger à bord de leur voiture à leur arrivée au stade, avant de recevoir de la bombe lacrymogène. Ensuite, derrière nous, dans notre tribune, se trouvait une cinquantaine de supporteurs belges qui avaient bu toute la journée et l’ambiance est devenue tendue dès le premier but. À la fin, ils nous balançaient leurs frites dessus. J’étais avec mon filleul et j’ai préféré attendre un quart d’heure après la fin du match avant de sortir du stade. »
Trop d’alcool
« C’est le drame du football aujourd’hui, tu ne sais jamais sur qui tu peux tomber. Pour moi, la référence, c’est l’Allemagne : les supporteurs se mélangent et il n’y a pas d’histoires. C’est la fête.
Chez nous, les sections de supporteurs ont une grosse part de responsabilité. Si on interdisait déjà l’alcool dans les bus lors des déplacements, il y aurait sans doute moins de soucis. Ensuite, comme ils se savent encadrés par les forces de l’ordre de leur arrivée au stade à leur départ, ils se sentent intouchables et passent leur temps à insulter l’adversaire plutôt qu’à encourager leur équipe. Je l’ai vécu le 19 août dernier à… Paris, au milieu des supporteurs lillois, et ça ne m’a pas plu. Je n’irai plus en tribune avec eux. »
PROPOS RECUEILLIS PAR OLIVIER ROUSIES •















