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La Voix du Nord - 09/05/2008
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« LE MAG » Mathieu Drujon a plus d’un tour dans sa musette
 Le magicien du peloton a de multiples talents. Outre des tours dont sont friands Valverde et Pereiro, il est aussi chanteur, musicien… Tous les matins ou presque, c’est un autre spectacle qui accompagne la présentation des équipes sur le podium protocolaire. Le coureur de la Caisse d’Épargne en profite pour se livrer à quelques tours de magie. Après l’étape, d’autres illusions amusent ses équipiers à la table du repas. Il envisage même une vraie carrière lorsqu’il aura quitté le vélo.

PAR FRÉDÉRIC RETSIN
sports@lavoixdunord.fr PHOTO PATRICK DELECROIX Mathieu Drujon affirme que c’est venu par hasard. On se dit qu’il a le don dans les gènes, loin de la mallette du parfait petit magicien ramassée au pied du sapin pour son septième Noël. « Je n’avais même pas demandé ça… » Mais le jeune Troyen a fini par se piquer au jeu. Au point d’animer rapidement les repas de famille. On le réclame : chez les parents, les cousins et les amis. Aujourd’hui, c’est même un animateur reconnu – il possède aussi des talents de musicien et de chanteur – des associations locales qui le sollicitent pendant la période hivernale.

« Petit à petit, j’ai fini par m’intéresser sérieusement à la magie », explique le Français qui pointe ce matin à la onzième place du classement général. « J’ai ensuite regardé des émissions à la télévision. Je refaisais les tours chez mes parents en me creusant la tête pour trouver les trucs. À douze ans, j’ai rencontré un vrai magicien pendant les vacances. Il m’a donné des conseils. J’ai acheté des livres, des DVD et du matériel dans un magasin spécialisé à Paris. J’apprends sur le tas. » Son talent lui permet de trouver rapidement sa place dans la formation franco-espagnole où on l’appelle « el mago ». L’histoire raconte même qu’il a époustouflé Alejandro Valverde et Oscar Pereiro avec ses tours favoris (« le journal déchiré en plusieurs morceaux que je reconstitue en une fraction de seconde, puis la cigarette qui vole autour de moi et qui vient seule à ma bouche ») à l’occasion du premier stage collectif sur l’île de Majorque, en début de saison.
« Avec ça, il n’a pas eu de mal à s’intégrer », constate Yvon Ledanois qui l’a récupéré cette année en provenance de la formation Auber. « Mais on ne l’a pas pris que pour ça », précise le directeur sportif. « Mathieu possède une énorme marge de progression. Sa carrière est sans doute assurée après le vélo mais on a l’intention de le garder pendant un petit moment. Il peut obtenir une bonne place au classement final de ces Quatre Jours. » Pour gagner, il lui faudrait le truc qui lui permettrait de larguer le peloton. « Ça, je ne l’ai pas encore trouvé », s’exclame le Champenois dans un grand sourire. • 

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