La Voix des Sports - 12/05/2008 |
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Un maillot rose estimé comme une prime aux attaquants
La course
Cédric VASSEUR, qui s’est montré un spectateur attentif des « Quatre Jours », n’a pas manqué de tirer le bilan de cette 54 e édition. Même s’il est le nouveau président du syndicat de tous les coureurs professionnels, le Steenvoordois s’est d’abord réjoui de la bonne tenue des coureurs français.« Dans l’ensemble, ils ont dominé l’épreuve, constate celui qui figurait encore au départ de Dunkerque en 2007. Augé a pris le maillot dès le premier jour, son équipe a ensuite maîtrisé la course sans l’écraser complètement, et la deuxième place de Lhotellerie a concrétisé la prime aux attaquants. » C’est un fait, personne ne s’est montré capable de combler les deux minutes et demie prises par les deux hommes au soir de la première étape jugée à Roost-Warendin. En ce sens, Stéphane Augé a su appliquer la même tactique qui avait permis à Jan Andrianseens (1956) et à Gustave Desmet (1965) de mener la course de bout en bout. En 1985, Jean-Luc Vandenbroucke avait bénéficié de l’avantage pris au prologue. Le Mouscronnois était un éminent spécialiste de ce genre d’exercice.
L’autre enseignement, c’est celui livré à l’issue de l’inédite étape des monts disputée autour du cap Blanc Nez. Elle fut magnifique, populaire, enthousiasmante et encadrée d’un site répertorié parmi les plus belles cartes postales de la région sous un vrai soleil estival. Mais elle n’a pas provoqué le bouleversement espéré au classement général. Malgré le harcèlement de Fedrigo (3e), Voeckler ou Lefèvre (7e), les hommes de Bouygues-Telecom n’ont jamais pu tromper la vigilance des équipiers du maillot rose. « Nous avons mal jugé la difficulté de ce parcours , regrettait Fedrigo. Le circuit de Boulogne était plus dur. Et Cofidis a parfaitement défendu son leader. » Ces dernières années, les « Quatre Jours » avaient pris l’habitude de révéler les talents capables de s’exprimer rapidement au plus haut niveau. Des garçons comme Vinokourov, Chavanel, Fedrigo, Ladagnous, Steegmans ou Cavendish ont enlevé leurs premiers succès d’envergure sur les routes de la région.
Celui du Belge Kenny De Haes (25 ans), jeudi à Saint-Quentin, s’inscrit dans cette voie. La deuxième place de Lhotellerie au général aussi.
À 22 ans seulement, le jeune Ardennais de l’équipe Skil-Shimano (2e du général à 1’36’’ d’Augé) a révélé un caractère séduisant sur la lancée d’un étonnant Paris-Nice (meilleur grimpeur et 11e du général). « Mon bilan est plutôt positif après cinq semaines sans compétition », lâche le Carolomacérien dont le contrat court encore jusqu’en 2009 avec la formation néerlandaise.
Son début de saison n’est pas passé inaperçu aux yeux des managers du Pro Tour. Il le sait. « Je verrai comment évoluera la situation dans les prochains mois. J’ai envie de disputer un grand tour l’an prochain et notre programme ne le permet pas. » Affaire à suivre…
Frédéric RETSIN
Photo Patrick DELECROIX














