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La Voix des Sports - 12/05/2008
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Pas encore une classe d’écart, mais presque
Lille - Lens
 Demont tente de stopper Bastos, image trompeuse d’un derby qui a surtout traduit la supériorité lilloise. Au bord de l’implosion. Ce matin, le Racing est dix-huitième de L1 et, à une journée de la fin, son destin n’est désormais plus entre ses mains. La défaite enregistrée à Lille (2-1) l’entraîne toujours plus vers le fond et sa mission est désormais très claire : battre Bordeaux, la meilleure équipe en 2008, samedi à Bollaert, et compter sur une défaillance du PSG ou Toulouse. Une catastrophe à Bollaert et le navire dirigé par Gervais Martel échouera sur les rives de la L2 dès cet été. Il existe des rivages plus exotiques et attirants, en cette saison.
Le LOSC, bourreau de ses espoirs, s’est lui placé dans les meilleures dispositions pour voyager loin en récupérant la cinquième place de Saint-Étienne, accroché à Paris (1-1). Il faudra battre Lorient, samedi au Moustoir. « Pour cette mini-compétition pour l’UEFA, on était quatre, on n’est plus que trois. On est dans une course positive. », remarqua Claude Puel. Le technicien pouvait jubiler : le dernier match de son équipe à domicile a été une réussite, sa décision de lancer Malicki à un moment important s’est avérée concluante, et le jeu organisé et rapide de son équipe a laissé germer de belles promesses pour l’avenir.
Samedi, le décalage a d’ailleurs été saisissant entre une équipe qui défend un jeu cohérent et une autre qui tente de raccrocher les fils d’un projet totalement décousu. Là où Lille a cherché des décalages et du jeu à une touche de balle, Lens a répliqué par à-coups, sans jamais donner l’impression d’une quelconque idée directrice. Les fissures qui existent au sein même de son staff technique, au coeur du fonctionnement du binôme Jean-Pierre Papin et Daniel Leclercq, sont trop importantes pour faire adhérer l’effectif. Les deux hommes, samedi soir, n’ont échangé aucun mot, l’un restant debout dans sa zone technique (JPP), l’autre assis dans un coin du banc de touche, maillot sang et or sur le dos (Leclercq).
Un désaccord avait déjà animé l’avant-match, Papin souhaitant placer le jeune Rémy à droite, en soutien d’un attaquant de métier tel que Maoulida. Leclercq, celui qui tranche, avait finalement décidé de lancer le jeune Rémy seul en pointe et de placer Demont à droite. En première période, cela ne fonctionna pas franchement ; et sur une action rapide initiée par Béria et prolongée par Makoun, Cabaye punit le manque d’équilibre lensois (1-0, 43e).
Après la pause, avec Maoulida et Rémy décalé, le jeu du Racing se rééquilibra, mais Frau avait fait le break (2-0, 67e) avant que Monterrubio ne transforme un penalty accordé pour une faute sur… Maoulida (2-1, 69e).
« JPP » a finalement souligné la « bonne deuxième mi-temps de son équipe », avant de lancer : « On aurait pu jouer comme ça avant, mais une stratégie a été mise en place et elle a évolué. » Maoulida avait déjà râlé, lui, sur la friture qui pourrit la ligne lensoise. « Il faudrait que tout le monde se remette en question », lança l’attaquant, frustré, en quittant la pelouse… «  Je souhaite à Lens de se maintenir », lança Puel dans un geste d’apaisement. « C’est important pour la région, pour qu’il y ait des derbys. » Celui de samedi n’a pas vocation à faire des petits : la saison prochaine, il pourrait bien y avoir une classe d’écart entre Lille et Lens.

Antoine PLACER
Photo Christophe LEFEBVRE

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